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Les É.-U. incitent le FMI à retourner à sa mission fondamentale
Propos d'un haut responsable du ministère des finances des États-Unis
Par Andrzej Zwaniecki

Washington - Les mesures destinées à rendre le Fonds monétaire international (FMI) plus efficace et plus souple doivent viser à donner un plus grand rôle dans sa gestion aux pays dont l'économie se développe rapidement et à redéfinir son rôle dans les pays à faible revenu, a déclaré un haut responsable du ministère des finances des États-Unis, M. Timothy Adams, lors d'une conférence organisée le 23 septembre à l'Institut d'économie internationale, de Washington.

Dans le discours qu'il a prononcé à cette occasion, M. Adams a fait état de la position des États-Unis quant à la réforme du FMI, dont la création remonte à 1944.

Malgré la profonde transformation de l'économie mondiale depuis la création du FMI, ce dernier a toujours un rôle à jouer, a-t-il dit. Le meilleur moyen de renforcer l'importance du FMI est, selon lui, de faire en sorte que cette institution se concentre sur sa mission fondamentale, à savoir garantir la stabilité financière dans le monde et faciliter l'ajustement de la balance des paiements des pays en difficulté.

« On devrait mesurer l'efficacité du FMI en déterminant dans quelle mesure il aide les pays et le système financier mondial à éviter une crise financière ou à s'en remettre et non pas en fonction du volume de ses prêts », a-t-il fait remarquer

La réforme du FMI devrait porter sur la restructuration de ses organes, sur le renforcement de la surveillance des taux de change, sur la nécessité d'accorder une plus grande importance à la viabilité de la dette publique, sur le renforcement du dialogue entre les intéressés et le secteur privé au sujet des mécanismes de règlement d'une crise, ainsi que sur la redéfinition de son rôle dans les pays à faible revenu.

La structure du FMI devrait évoluer de pair avec l'économie mondiale, de manière à donner à chaque pays un nombre de voix qui correspond à son importance dans cette économie, a-t-il dit en proposant d'augmenter la quote-part des pays dont l'économie se développe rapidement, tels que la Corée du Sud et le Mexique, tout en réduisant celle des pays dont le rôle dans l'économie mondiale s'est réduit. Une telle modification, a-t-il fait remarquer, ne changerait en rien le droit de vote des pays les plus pauvres.

M. Adams a souligné que les États-Unis ne cherchaient pas à accroître leur quote-part, mais qu'ils n'étaient pas disposés à la voir réduire.

La répartition des voix aux fins de vote entre les États membres du FMI repose sur un système de quotes-parts. Chaque membre a une quote-part calculée en fonction de la taille de son économie par rapport à celle des autres membres. La quote-part d'un État membre détermine son engagement financier maximum envers le FMI et le nombre de voix auquel il a droit.

Selon M. Adams, le FMI n'a pas besoin de nouvelles ressources, car elles sont déjà à un niveau record. Il ne devrait pas être un organisme de développement, mais plutôt un organisme qui fournit des prêts à court terme lorsqu'un pays se heurte à des difficultés de balance des paiements.

Les propres études du FMI, a-t-il dit, montrent que son principal programme de lutte contre la pauvreté, la FRPC (Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance), ne donne pas les résultats escomptés dans de nombreux pays.

Dans le cadre de ce programme, le FMI accorde des prêts à un taux réduit qui sont assortis de conditions économiques strictes. Ces conditions, qui peuvent comprendre l'allégement du droit du travail et la privatisation d'entreprises publiques, font l'objet de critiques de la part d'économistes et d'organisations gouvernementales qui considèrent qu'elles ne font pas partie du domaine d'action du FMI et qu'elles sont parfois nuisibles.

« Il est clair, a dit M. Adams, que l'intervention financière du FMI dans les pays à faible revenu a très mal tourné. » La proposition consistant à transférer ce programme à la Banque mondiale est l'une des solutions que le gouvernement Bush envisage, mais les États membres du groupe des Sept (G7) ont des opinions divergentes sur le rôle de la FRPC, sur son ampleur et sur son orientation.

En ce qui concerne la surveillance des taux de change, M. Adams a déclaré que le FMI devait jouer un rôle bien plus important à cet égard. L'impression selon laquelle le FMI ne s'acquitte pas de sa tâche la plus fondamentale est pernicieuse tant pour cette institution que pour le système monétaire international.

Certains économistes ont critiqué le FMI pour ne pas avoir assez tenté de persuader la Chine et d'autres pays asiatiques de s'orienter vers un régime de change souple. La Chine a récemment réévalué sa monnaie, qui était auparavant liée d'une façon quasi fixe au dollar, pour élargir à 3 % sa marge de fluctuation par rapport à un groupe de monnaies autres que le dollar. Les États-Unis et le FMI sont d'avis que cette mesure constitue un pas dans la bonne direction.

 


26 septembre 2005

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