Washington
- Les
mesures destinées à rendre le Fonds monétaire
international (FMI) plus efficace et plus souple doivent
viser à donner un plus grand rôle dans sa
gestion aux pays dont l'économie se développe
rapidement et à redéfinir son rôle
dans les pays à faible revenu, a déclaré
un haut responsable du ministère des finances des
États-Unis, M. Timothy Adams, lors d'une conférence
organisée le 23 septembre à l'Institut d'économie
internationale, de Washington.
Dans
le discours qu'il a prononcé à cette occasion,
M. Adams a fait état de la position des États-Unis
quant à la réforme du FMI, dont la création
remonte à 1944.
Malgré
la profonde transformation de l'économie mondiale
depuis la création du FMI, ce dernier a toujours
un rôle à jouer, a-t-il dit. Le meilleur
moyen de renforcer l'importance du FMI est, selon lui,
de faire en sorte que cette institution se concentre sur
sa mission fondamentale, à savoir garantir la stabilité
financière dans le monde et faciliter l'ajustement
de la balance des paiements des pays en difficulté.
«
On devrait mesurer l'efficacité du FMI en déterminant
dans quelle mesure il aide les pays et le système
financier mondial à éviter une crise financière
ou à s'en remettre et non pas en fonction du volume
de ses prêts », a-t-il fait remarquer
La
réforme du FMI devrait porter sur la restructuration
de ses organes, sur le renforcement de la surveillance
des taux de change, sur la nécessité d'accorder
une plus grande importance à la viabilité
de la dette publique, sur le renforcement du dialogue
entre les intéressés et le secteur privé
au sujet des mécanismes de règlement d'une
crise, ainsi que sur la redéfinition de son rôle
dans les pays à faible revenu.
La
structure du FMI devrait évoluer de pair avec l'économie
mondiale, de manière à donner à chaque
pays un nombre de voix qui correspond à son importance
dans cette économie, a-t-il dit en proposant d'augmenter
la quote-part des pays dont l'économie se développe
rapidement, tels que la Corée du Sud et le Mexique,
tout en réduisant celle des pays dont le rôle
dans l'économie mondiale s'est réduit. Une
telle modification, a-t-il fait remarquer, ne changerait
en rien le droit de vote des pays les plus pauvres.
M.
Adams a souligné que les États-Unis ne cherchaient
pas à accroître leur quote-part, mais qu'ils
n'étaient pas disposés à la voir
réduire.
La
répartition des voix aux fins de vote entre les
États membres du FMI repose sur un système
de quotes-parts. Chaque membre a une quote-part calculée
en fonction de la taille de son économie par rapport
à celle des autres membres. La quote-part d'un
État membre détermine son engagement financier
maximum envers le FMI et le nombre de voix auquel il a
droit.
Selon
M. Adams, le FMI n'a pas besoin de nouvelles ressources,
car elles sont déjà à un niveau record.
Il ne devrait pas être un organisme de développement,
mais plutôt un organisme qui fournit des prêts
à court terme lorsqu'un pays se heurte à
des difficultés de balance des paiements.
Les
propres études du FMI, a-t-il dit, montrent que
son principal programme de lutte contre la pauvreté,
la FRPC (Facilité pour la réduction de la
pauvreté et la croissance), ne donne pas les résultats
escomptés dans de nombreux pays.
Dans
le cadre de ce programme, le FMI accorde des prêts
à un taux réduit qui sont assortis de conditions
économiques strictes. Ces conditions, qui peuvent
comprendre l'allégement du droit du travail et
la privatisation d'entreprises publiques, font l'objet
de critiques de la part d'économistes et d'organisations
gouvernementales qui considèrent qu'elles ne font
pas partie du domaine d'action du FMI et qu'elles sont
parfois nuisibles.
«
Il est clair, a dit M. Adams, que l'intervention financière
du FMI dans les pays à faible revenu a très
mal tourné. » La proposition consistant à
transférer ce programme à la Banque mondiale
est l'une des solutions que le gouvernement Bush envisage,
mais les États membres du groupe des Sept (G7)
ont des opinions divergentes sur le rôle de la FRPC,
sur son ampleur et sur son orientation.
En
ce qui concerne la surveillance des taux de change, M.
Adams a déclaré que le FMI devait jouer
un rôle bien plus important à cet égard.
L'impression selon laquelle le FMI ne s'acquitte pas de
sa tâche la plus fondamentale est pernicieuse tant
pour cette institution que pour le système monétaire
international.
Certains
économistes ont critiqué le FMI pour ne
pas avoir assez tenté de persuader la Chine et
d'autres pays asiatiques de s'orienter vers un régime
de change souple. La Chine a récemment réévalué
sa monnaie, qui était auparavant liée d'une
façon quasi fixe au dollar, pour élargir
à 3 % sa marge de fluctuation par rapport à
un groupe de monnaies autres que le dollar. Les États-Unis
et le FMI sont d'avis que cette mesure constitue un pas
dans la bonne direction.
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