Le
commerce extérieur chinois a été
caractérisé tant par la prospérité
que par les défis au cours des six premiers mois
de l'année. 2005 est la quatrième année
d'adhésion de la Chine à l'Organisation
mondiale du Commerce (OMC). Troisième grand pays
commercial du monde, la Chine a maintenu un développement
régulier de son secteur d'import-export. En revanche,
de plus en plus d'entreprises commencent à devoir
faire face à une forte concurrence et aux défis
que représentent les partenaires étrangers.
Les enquêtes anti-dumping et autres
mesures protectionnistes commerciales sous toutes leurs
formes lancées par des pays développés
obligent les décideurs et les entreprises chinois
à réajuster leur stratégie de ventes
internationales : passer d'une stratégie orientée
quantité à une stratégie orientée
qualité.
Bonne croissance du commerce extérieur
de janvier à juin
Selon les douanes chinoises, le volume
de l'import-export de Chine au premier semestre de l'année
s'est établi à 645 milliards de dollars,
en hausse de 23,2 % en base annuelle, sur lesquels 342,
3 milliards de dollars proviennent de l'exportation
et 302,69 milliards de dollars de l'importation, soit
une progression respective de 32,7 et 14 %.
Le ministère chinois du Commerce
a prévu en avril dernier une croissance de 15
% de son commerce extérieur. Un rapport rendu
public par le ministère chinois du Commerce et
l'Institut d'études sur le commerce international
et la coopération économique montre que
le commerce extérieur au cours de l'année
2005 connaîtra une baisse, après ses 35,7
% de croissance de l'année passée. Portant
le volume total du commerce extérieur atteindra
1,3 trillion de dollars.
L'Union européenne est devenue
le plus grand partenaire commercial de la Chine. De
janvier à juin dernier, le volume du commerce
bilatéral est passé à 100,1 milliards
de dollars, une progression de 23,6 % par rapport aux
même mois de 2004.
Les Etats-Unis et le Japon sont devenus
les 2e et 3e grands partenaires de la Chine avec un
volume du commerce de respectivement 96,3 et 86,5 milliards
de dollars.
L'ASEAN conserve sa place de 4e partenaire
commercial de la Chine. Pour Gao Hong, de l'Académie
des sciences sociales de Chine, le commerce bilatéral
entre la Chine et les pays de l'ASEAN devrait augmenter
au second semestre de l'année après la
baisse des droits de douane du 20 juillet.
Les obstacles
Les 6 prochains mois pourraient ne pas
être si roses pour le commerce extérieur
chinois. Des analystes chinois estiment que la Chine
sera confrontée à de nombreux obstacles
qui ralentiront son commerce extérieur. Selon
une source sur Internet proche de la Chambre de l'import-export
du textile de Chine, le quota du commerce textile chinois
à destination des Etats-Unis a été
limité tout au long de l'année.
Le problème du textile affecte
le commerce national depuis plus longtemps que la fin
du système des quotas sur le textile le 1er janvier.
Notons que les Etats-Unis en ont imposé d'autres
à 7 catégories de produits chinois en
mai dernier. Malgré les sept séries de
négociations avec les Etats-Unis, la Chine n'a
pourtant pas abouti à des accords sur le problème
de l'exportation du textile comme elle l'avait fait
avec l'UE.
La Chine et l'UE sont parvenues à
un accord en juin dernier pour maintenir une croissance
annuelle des exportations de textile de 8 à 12,5
% avant fin 2007, mais des divergences demeurent dans
leur commerce bilatéral, notamment sur l'exportation
des chaussures "Made in China".
Des conflits commerciaux avec ses partenaires
étrangers affectent considérablement la
croissance du commerce extérieur de la Chine,
selon le vice-ministre du Commerce Yu Guangzhou.
Le gouvernement chinois prend des mesures
pour apaiser cette guerre commerciale. Nombre d'associations
industrielles nationales et d'exportateurs ont estimé
que le moment était venu de changer le mode de
croissance commerciale et de rehausser la valeur ajoutée
de l'exportation.
La Chine dépense 21 millions
de dollars pour acheter un avion, mais continue de vendre
ses paires de chaussures 2,5 dollars l'une. Selon le
calcul de Yu, "cela signifie que nous sommes obligés
d'exporter 8,4 millions de paires de chaussures pour
acheter un avion."
La Chine est accusée d"inonder"
le marché international avec ses produits. Pourtant,
elle a peu de grandes marques reconnues sur le marché
international. En 2003, Haier, le leader de la fabrication
d'appareils électroménagers, a été
le seul nom du continent chinois à figurer sur
la liste des 100 géants du monde.
Mesures à adopter
La Chine est certes un grand pays commercial,
mais elle n'est pas encore une puissance sur le plan
commercial, faute d'un réseau de ventes global
et de marques influentes.
Pour améliorer la compétitivité
des marchandises fabriquées en Chine, les décideurs
souhaitent plus d'innovation technologique dans le cadre
du commerce.
Selon une circulaire publiée
par le ministère chinois du Commerce et six autres
instances gouvernementales en juin dernier, la Chine
est déterminée à former un grand
nombre de grands noms mondialement reconnus d'ici 2010,
l'année où au moins 40 % des compagnies
orientées exportation possèderont leurs
propres marques et les produits de ces marques représenteront
20 % des exportations totales du pays.
Parallèlement, la Chine a renforcé
la formation de son personnel qualifié, compétent
en matière de commerce international, d'affaires
de l'OMC et de législation, et qui maîtrise
au moins une langue étrangère. Cette élite
sera chargée de protéger les droites légitimes
et les intérêts des entreprises chinoises
sur le marché international.
Les compagnies chinoises sont également
encouragées à investir dans les autres
pays. "Le commerce extérieur et les investissements
directs à l'étranger sont deux piliers
de l'économie orientée exportation,"
déclaré Yang Shengming, économiste
de l'Académie des sciences sociales de Chine.
Le volume du commerce extérieur
de Chine a atteint 1,15 trillions de dollars en 2004,
mais les investissements à l'étranger
n'ont été que de 30 milliards de dollars.
"Les investissements américains
dans les autres pays sont trois fois supérieure
au volume du commerce extérieur du pays. Dans
certains pays européens, les investissements
à l'étranger sont jusqu'à 7 fois
plus importants que le volume commercial," révèle
Yang.
Selon les statistiques du ministère
du Commerce, les investissements contractuels étrangers
en Chine se sont accrus de 18,99 % pour atteindre 86,19
milliards de dollars au cours des six premiers mois
de l'année. Les investissements réels
ont été de 28, 56 milliards de dollars
durant cette période, soit une baisse de 3, 18
% en base annuelle.
xinhuanet 2005/10/08