Nous
avons été surpris d’entendre le patriarche Laham
lors du dîner annuel de la Communauté Melkite, qualifier
M. Roger Nasnas de « fondateur » du Conseil
économique et social. Voici un simple rappel des
faits :
Dès
1990 le Docteur Sélim el Hoss alors premier ministre, demandait
à Marie-Claude Hélou Saadé, docteur en droit
des affaires de l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne,
d’élaborer le premier projet de loi relatif au Conseil
économique et social. Le projet fut comme on le sait placé
à l’ordre du jour du Conseil des ministres mais peu
de temps après le gouvernement Hoss présentait sa
démission. Marie-Claude Saadé a comme nous le savons
tous, travaillé inlassablement avec compétence et
persévérance et collaboré étroitement
avec les gouvernements,
parlements et ministres successifs de l’économie (parmi
lesquels M. Marwan Hamadé dont elle n’a jamais manqué
de souligner l’apport fondamental) et cela jusqu’au
vote de la loi en 1996 portant création du Conseil économique
et social et prévoyant les objectifs de cet organisme, le
mode de nomination des membres ainsi que toutes les modalités
de fonctionnement de l’institution. Mme Saadé –
de notoriété publique – a suivi pas à
pas la conception et la naissance de cette institution, veillant
scrupuleusement à la préservation de l’esprit
de ce conseil, souvent la cible de manœuvres politiciennes,
efforts qui se sont étalés sur plusieurs années
et que le président de la République lui-même
n’a pas manqué de relever.
Est-il
besoin de rappeler les nombreuses conférences de Mme Marie-Claude
Saadé dans les centres culturels arabes parmi lesquelles
on peut citer celle donnée au centre Toufic Tabbara en présence
du Président Sélim el Hoss, du président de
ce centre Ahmad Tabbara, de nombreux députés, ministres
et personnalités du monde officiel, syndical, professionnel
et associatif libanais, conférence suivie d’un débat
sous la direction de M. Abdel Karim el Khalil ? Est-il besoin de
rappeler les multiples publications de Mme Saadé dans la
presse écrite arabe, francophone et anglophone ainsi que
ses interventions dans les médias audiovisuels, les études
présentées au parlement sur ma demande en tant que
président de la Commission parlementaire de l’Administration
et de la Justice, les avis
donnés à de nombreux parlementaires, ministres, officiels
et associations syndicales et professionnelles en vue d’une
bonne compréhension de cette institution fraîchement
introduite dans le paysage institutionnel libanais et son travail
de sensibilisation de l’opinion publique ? Est-il besoin de
rappeler son combat incessant que l’on peut même qualifier
de « militant » dans la création de cette institution
que d’aucuns souhaitaient rendre inefficace au moyen de l’introduction
de dispositions inopportunes destinées à la neutraliser
et à en déformer l’esprit ?
Est-il
besoin de rappeler aussi les projets de lois présentés
au parlement par Messieurs Marwan Hamadé, Issam Naaman et
moi-même ainsi que les efforts consentis par tous ceux qui,
à un moment ou à un autre, durant ces dernières
décades, ont participé à l’œuvre
d’édification de cette institution y compris la contribution
de M. Roger Nasnas et des membres du bureau du Conseil économique
et social dans la rédaction du règlement intérieur
postérieurement au vote de la loi, à la publication
du décret d’application et à la nomination des
membres de ce Conseil ?
Reconnaître
les mérites de tous ceux qui ont pris l’initiative
de la conception et de la création de cet organisme jusqu’à
sa consécration par le législateur en 1996 eut été
rendre à César ce qui est César…
Auguste Bakhos
Ancien Président de la Commission parlementaire de l’Administration
et de la Justice
Président de la Commission de Modernisation des lois au parlement
Beyrouth, le 28 juillet 2005
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