Washington
- Après
avoir passé trois semaines à sillonner les
États-Unis et à se rendre compte de ses
propres yeux comment les Américains vivaient, les
préjugés et stéréotypes d'Abdul
Carimo Sau, un musulman du Mozambique, ont disparu.
M.
Sau, vice-président du Conseil islamique du Mozambique,
est venu aux États-Unis dans le cadre du programme
des visiteurs internationaux du bureau des affaires éducatives
et culturelles du département d'État.
À
son retour dans son pays, il a évoqué son
voyage à l'occasion d'une émission radiophonique
transmise par une station locale islamique durant laquelle
les interlocuteurs pouvaient poser des questions, et le
24 août, il a participé à une table
ronde parrainée par l'ambassade des États-Unis
à laquelle avaient été conviés
une quarantaine de chefs de file de la communauté
musulmane locale et quelques étudiants musulmans,
leurs discussions étant elles aussi diffusées
par la station de radio.
Selon
un compte rendu de l'ambassade des États-Unis à
Maputo, M. Sau a parlé chaleureusement et en toute
franchise du programme des visiteurs internationaux et
fait valoir que, d'après ses observations, les
États-Unis étaient « un pays extrêmement
religieux, pluraliste et respectueux des diverses religions,
de leurs traditions et de leurs pratiques ».
La
seule critique qu'il ait faite de la vie aux États-Unis,
c'est que les horaires trop serrés des Américains
sont mal adaptés à l'habitude qu'ont les
Africains d'avoir des réunions qui se prolongent
et des repas qui durent, regrettant de ne pas avoir eu
plus de temps pour parler avec les gens.
Durant
l'émission diffusée à la radio, dont
la durée était prévue pour une heure,
mais qui s'est prolongée d'une heure supplémentaire,
il a souligné la religiosité du peuple américain
et le caractère vigoureux de l'islam aux États-Unis.
Les
Américains, a-t-il découvert à l'occasion
de ce premier voyage aux États-Unis, sont bien
différents de l'image stéréotypée
qu'en brossent les médias. L'islam, a-t-il fait
remarqué, est bien vivant en Amérique, une
situation qu'il a attribuée en partie à
la séparation des religions et de l'État
et qui prouve que les musulmans ne peuvent s'attendre
qu'à des avantages de la liberté de religion
dans une société pluraliste.
Les
préoccupations relatives au port du voile en public,
a-t-il dit à un interlocuteur, n'ont aucune raison
d'être, l'Amérique étant un pays où
la tolérance des différences et le respect
des religions prévalent.
Lors
de la table ronde, il a réitéré la
religiosité du peuple américain, expliquant
que tous les repas qu'il avait pris avec des Américains
avaient commencé par une prière d'action
de grâce. Il a décrit le rôle important
que jouent les organisations religieuses en appui aux
services sociaux locaux, évoquant le travail du
« Père Joe Carroll » de San Diego,
un prêtre catholique qui s'occupe d'un important
refuge pour sans-abri. Il s'est déclaré
très impressionné par la générosité
des Américains et les vastes sommes qu'ils contribuent
aux organisations caritatives.
Interrogé
à propos de la situation de l'islam en Amérique,
il a précisé que toute ville de taille moyenne
avait désormais une mosquée et que cette
religion avaient autant d'adhérents que le judaïsme.
Portant les vêtements traditionnels des musulmans
durant son voyage, il a affirmé ne s'être
buté à aucune discrimination, observant
que certains des problèmes que connaissent les
musulmans dans d'autres parties du monde étaient
absents aux États-Unis.
Évoquant
la politique américaine à l'égard
du Moyen-Orient, il a fait valoir que les États-Unis
étaient le seul pays en lequel aussi bien les Palestiniens
que les Israéliens avaient confiance et qu'ils
avaient assumé le rôle nécessaire
d'intermédiaire.
À
propos de la guerre en Irak, il a déclaré
à ses interlocuteurs qu'à son sens, les
États-Unis n'étaient pas un monolythe, précisant
que la guerre faisait l'objet d'un débat intense
quotidien au sein du Congrès et dans les médias.
Il a mentionné les manifestants contre la guerre
qui étaient rassemblés à proximité
du ranch du président Bush, au Texas, et une autre
manifestation anti-guerre devant la Maison-Blanche, et
posé la question de savoir si avant la guerre un
dirigeant irakien aurait jamais toléré des
manifestants pratiquement sur son pas de porte.
|