GLOBALADVOCACY . c o m

Chacun d'entre vous peut créer l'évènement!

   



 

 

 

 

Dr Assaad Risk
Ancien Ministre

La faillite du Liban dans le domaine sanitaire

Ce qui est dramatique, c’est qu’il y a 30 ou 40 ans, le Liban était réputé pour être un lieu où on pouvait se soigner dans les meilleures conditions, avec un niveau de soins remarquable et à un moment donné, on parlait du Liban, hôpital des pays du Moyen Orient. Ceci était un thème, un adage qui était réel, qui était effectif. Nous n’avons pas la prétention d’accueillir des malades d’Europe ou d’ailleurs. Nous avons la prétention d’accueillir des malades des pays du Moyen Orient, des pays du Golfe et c’est ce qui se faisait facilement dans le temps, il y a 30 ou 40 ans.

Les évènements du Liban depuis 1975 jusqu’en 1990 ont évidemment arrêté toute possibilité d’accueillir des malades de ces pays là et pendant ce temps là, en raison du recul de nos moyens et de nos possibilités pendant les évènements du Liban, les pays arabes ont fait un bond colossal dans le domaine hospitalier : technique, aménagement, niveau des soins, une qualité de soins remarquables. Si bien qu’en 1990, quand les choses sont revenues à la normale, on aurait pu, on aurait dû repenser à ce moyen considérable d’accueil, d’accords dans le domaine des soins médicaux et hospitaliers. On aurait pu reprendre une position importante comme celle que nous avions et essayer de copier en faisant mieux que ce que nos voisins arabes ont fait chez eux.

Or malheureusement, dans ce domaine, nous n’avons rien fait. Au contraire, nous sommes en train de reculer à tous les niveaux et dans tous les domaines dans ce secteur hospitalier. Ça aurait été une manne formidable pour la main d’œuvre libanaise qui aurait pu travailler dans le secteur sanitaire : hôpitaux, dispensaires, tout le commerce qui se développe autour de tout ce qui a trait à la santé, sans parler de ce que l’on appelle aujourd’hui le tourisme de santé. Le Bon Dieu nous a donné un pays que nos voisins arabes aiment bien pour son climat, pour les services qu’il rend, pour les divertissements, pour tout le reste et ils auraient pu l’utiliser également pour se soigner. Or nous avons tout fait pour ne pas beaucoup avancer dans ce domaine et je suis sûr que beaucoup de nos voisins arabes ont des niveaux de soins et de qualité des soins qui n’ont rien à envier au secteur de santé libanais. Ceci, si on veut attirer des étrangers.

Mais le plus important et beaucoup plus important que cela, c’est de bien soigner nos compatriotes, bien avant de soigner les étrangers et d’essayer de profiter de l’attrait que le Liban a pour eux. Or ici au Liban, nos Libanais sont très mal soignés car il n’y a aucune politique sanitaire, aucune vision de ce que devraient être les soins au Liban, comment ils devraient être offerts au public libanais, dans quelles conditions et à quels prix ? Or en ce qui concerne le prix de la santé et les montants dépensés dans le domaine de la santé par les différents tiers payants, organismes payants, qu’il s’agisse du ministère de la santé, de la caisse nationale de sécurité sociale, de la mutuelle des fonctionnaires et de tout autre tiers payant, la facture augmente d’année en année sans aucun contrôle, sans aucune vision de l’avenir et ce secteur est en train de revenir en arrière à pas de géant, à tous les niveaux. Alors s’il faut en parler, il faudrait parler de tous les domaines. Il faudrait commencer par les médecins, puis par le personnel infirmier et le personnel technique et enfin par les établissements hospitaliers et les organismes payants.

Donc, il y a tout un système qu’il faut revoir et si on revoyait chaque secteur à part, on comprendrait très bien pourquoi l’Etat a fait faillite.

D’abord en ce qui concerne les médecins, nous avons aujourd’hui en préparation, une septième faculté de médecine. Or, si nous augmentons le nombre des médecins, nous augmentons les frais, nous fabriquons des médecins qui n’ont pas la possibilité de travailler, qui ont un niveau très médiocre, sinon inférieur encore et nous lançons sur le marché du travail, 10 à 11.000 personnes qui n’ont pas de travail, qui sont obligées d’utiliser des tas de moyens pour se faire des sous et des moyens en général qui ne sont ni honnêtes, ni corrects, au détriment des malades, de la poche de ces malades et de la poche des tiers payants.

Or nous avons à peine de quoi enseigner. Nous avons des enseignants francophones et anglophones qui suffisent à peine pour deux facultés de médecine. Nous avons une faculté de médecine francophone, une faculté de médecine anglophone qui ont plus de 140 à 150 ans d’âge, qui sont bien établies et qui sont de très bonnes facultés. Nous avons créé, il y a 20 à 22 ans, une faculté de médecine à l’Université Libanaise. Ceci était une nécessité car les frais de scolarité dans les deux facultés francophone et anglophone dépassent les possibilités de salaire moyen d’un cadre moyen et si nous devons donner les mêmes possibilités à tous nos concitoyens pour faire des études de médecine, il a fallu à tout prix qu’il y ait une faculté de médecine à l’Université Libanaise car les frais de scolarité sont nuls. On fait des études à la faculté de médecine de l’Université Libanaise, sans payer de frais de scolarité, comme tous les étudiants de l’Université Libanaise. Donc il fallait faire cette troisième faculté et il fallait s’arrêter là, car nous n’avons pas d’enseignants de qualité pour enseigner dans plus de 2 ou 3 facultés au maximum. Or depuis, tous les 2, 3 ans, il y a une nouvelle faculté de médecine et ce nombre de diplômés qu’on fabrique fait du tort au niveau de la médecine, aux malades qui sont mal soignés et finalement à la caisse de l’Etat et aux finances de l’Etat qui, en définitive, paye des frais inutiles à des médecins incompétents qui soignent mal les malades.

C'est un drame et ceci continue parce que là, depuis quelques jours, on a entendu parler de l’ouverture d’une nouvelle faculté de médecine qui sera encore d’un niveau inférieur, quoiqu’on dise et quoiqu’on fasse. Une faculté de médecine, ce n’est pas un super marché ou même (je regrette) une faculté de droit. La faculté de médecine nécessite des laboratoires, des équipements de laboratoires, des hôpitaux, des enseignants dans les hôpitaux, elle nécessite des frais considérables. Or, si nous sommes en train de fabriquer des médecins dont le niveau est médiocre, toute la médecine deviendra médiocre et tout le monde, les malades libanais et les autres, en pâtiront. Donc voilà, un niveau dramatique parce que ça continue et que personne n’a mis un frein à cela et ça c’est vraiment dramatique. Je veux bien qu’on fasse 20 facultés de sciences sociales ou de sciences humaines, 30 facultés de droit ou autres, mais faire des facultés de médecine et donner des diplômes à des gens qui ont le droit de tuer leurs compatriotes, sans recours, est une chose extrêmement grave. Donc voilà un premier sujet.

Le deuxième sujet important, c’est l’absence de contrôle en ce qui concerne les établissements hospitaliers. Nous avons à peu près 140 hôpitaux, à peu près 8 à 9000 lits avec un taux d’occupation qui ne dépasse pas 50%, c'est-à-dire que nous n’avons pas besoin de plus de 5 à 60000 lits. Il y en 9000. Comment va-t-on rentabiliser ces 9000 lits ? On ne peut les rentabiliser qu’en trichant, qu’en faisant des examens inutiles, qu’en mettant à l’hôpital des malades qui n’en ont pas besoin, en leur demandant des examens dont ils n’ont pas besoin. Pour rentabiliser des lits inoccupés, on fait des frais inutiles et ces frais sont payés par le contribuable libanais, la sécurité sociale, le ministère de la santé, la mutuelle des fonctionnaires et tout ça est payé finalement par le contribuable libanais.

Il n’y a aucun contrôle sur les besoins des hôpitaux. Nous avons une trentaine d’hôpitaux publics qui sont vides où il n’y a ni lits, ni médecins, ni infirmières. Il n’y a que quelques uns qui sont fonctionnels. La plupart sont vides et ne sont pas utilisés. Nous avons un hôpital gouvernemental à Beyrouth de 500 lits qui ferait envie aux meilleurs établissements hospitaliers dans le monde. Il est luxueux, il a coûté très cher, il est terminé depuis plus de deux ans avec tous les équipements qui sont là, qui sont entrain de rouiller et de ne pas être utilisés et c’est encore dramatique et cet hôpital, à mon avis, aura beaucoup de difficultés à marcher. A chaque changement de gouvernement, on change de conseil d’administration, on change de directeur et on recommence.

Donc, dans le domaine public, c’est dramatique. On a beaucoup d’hôpitaux publics qui ont coûté des centaines de millions de dollars qui ont été jetés à la poubelle. Nous avons des hôpitaux privés : 140. De très nombreux hôpitaux privés sont d’un excellent niveau, mais il n’y aucune politique qui impose des normes aux hôpitaux, qui exige que certains hôpitaux qui n’ont aucun intérêt ne devraient pas exister parce qu’il y en a trop. Il n’y a aucun contrôle du taux d’occupation des lits. Il n’y a aucune politique dans le domaine hospitalier, non seulement dans la construction des hôpitaux et le nombre de lits, mais également dans les équipements.

Dans tous les pays du monde, on n’a pas le droit d’équiper des hôpitaux avec des équipements lourds dont on n’a pas besoin. Nous avons, au Liban, un nombre supérieur, en pourcentage, à toutes les grandes villes du monde par rapport aux équipements que nous avons : en City Scans, en MRI, en accélérateurs linéaires, en PET Scans, en tout ça… Alors, quand c’est ouvert et qu’il n’y a aucun contrôle pour les équipements de ces hôpitaux, on achète des équipements et pour les rentabiliser, on fait des examens inutiles, on fait des traitements inutiles. C’est encore de l’argent jeté à la poubelle et que le contribuable paye. Aucun contrôle sur les équipements, aucun contrôle sur la conception et les besoins en lits d’hôpitaux, aucun contrôle sur l’utilisation de ces équipements. Nous avons des équipements qui sont dangereux comme les accélérateurs linéaires et qui sont dirigés par des gens incompétents et donc dangereux. Aucun contrôle là-dessus non plus. Aucun contrôle donc sur tous ces équipements. Nous avons des laboratoires de fertilisation in vitro (les bébés éprouvettes…). Dans ces laboratoires, au Liban, il n’y a absolument aucun contrôle. N’importe qui, n’importe comment, peut ouvrir un laboratoire et faire ce qu’il veut ! Or ceci est dramatique. Il y a des problèmes génétiques, des problèmes familiaux, des problèmes d’éthique… tout ça absolument ignoré et non contrôlé.

Il y a donc tout ça, mais il y a aussi beaucoup à dire sur tout le reste, sur le contrôle par les différents organismes payants des factures des hôpitaux qui sont gonflées, que personne ne contrôle. Il y a des hôpitaux qui fonctionnent uniquement avec des malades du ministère de la santé en falsifiant les factures, en faisant ce qu’on veut et n’importe quoi, sans aucun contrôle …

Enfin, il y a vraiment dans ce domaine beaucoup à dire et je trouve que c’est très malheureux que personne n’ait pensé à instituer une politique de santé, à ce que cette politique de santé soit suivie à tous les niveaux, depuis la formation du personnel médical, du personnel infirmier, du personnel technique. Aucun contrôle sur la construction d’hôpitaux, sur le nombre de lits dont le Liban a besoin. Aucun contrôle sur les équipements lourds qui coûtent cher et qui coûtent cher au contribuable. Aucun contrôle non plus. Donc finalement, avec tout ça et avec tous ces investissements, les malades libanais ne sont pas mieux soignés. On n’est donc pas mieux soigné, ça coûte très cher et il n’ y aucun contrôle.

Alors où va-t-on ? Comment peut-on retrouver les rêves d’antan et faire du Liban l’hôpital du Moyen Orient ? Il faudra beaucoup, je pense, et ceci est un problème politique et non pas un problème technique et de médecine. Les politiciens sont responsables de tout ça.

  • Vous avez parlé tout à l’heure des pays arabes. Desquels s’agit-il exactement ?

Tous les pays arabes ont aujourd’hui des hôpitaux de très haut niveau sur le plan des équipements et de la qualité des soins. Ce qui facilite le problème dans les pays arabes, c’est qu’ils ont beaucoup d’argent à cause du pétrole. Ils ont donc les moyens de faire appel à des boites étrangères qui leur construisent des hôpitaux, les mieux conçus, les mieux équipés qui puissent exister. Ils ont simplement un problème de personnel soignant : médecins, personnel infirmiers… Ils sont entrain (ils avaient commencé depuis longtemps) de payer des montants importants en amenant des médecins étrangers, européens, américains, anglais et puis, progressivement, ces médecins venaient passer un à deux ans et rentraient chez eux. Ils n’étaient pas disposés à passer toute leur vie dans ces pays du Golfe. Ils ont donc été obligés de se rabattre sur d’autres médecins de pays où les salaires de ces médecins sont inférieurs aux salaires des médecins européens, américains, australiens et autres.

Leur problème aujourd’hui est donc un problème de qualité de soins médicaux. Sur le plan par exemple du personnel infirmier, la majorité du personnel infirmier vient des Philippines dans tous les pays arabes. C’est un excellent niveau de soins et ils sont très bien soignés. Ils ont du personnel du Pakistan, des Indes, d’Egypte qui viennent dans les pays du Golfe. Ils ont du personnel du Liban et d’autres pays. Mais le problème qui se pose aujourd’hui dans les pays arabes, au Koweït, à Katar, dans les Emirats, en Arabie Saoudite, c’est le personnel médical. Pour le moment, ils sont entrain, dans certains grands hôpitaux, d’avoir d’excellents médecins mais, dans beaucoup d’hôpitaux, le niveau qu’ils avaient il y a 20 ans n’est plus le même parce que ils n’ont plus beaucoup de médecins étrangers. Les médecins locaux sont entrain d’être formés mais ne sont pas encore au niveau de ce qu’ils avaient. Mais il n’y a aucune difficulté à ce que, petit à petit à petit, avec une politique intelligente, ils fassent mieux que nous. Les médecins originaires de ces pays là peuvent, sans aucun problème, suivre des spécialisations n’importe où à l’étranger, rentrer chez eux et être aussi bien, sinon beaucoup mieux, que nos propres médecins.

Il est donc important que nous changions de politique et que nous ayons une politique. Il n’ y a pas de changement de politique car il n’y a pas de politique aujourd’hui. Il faudrait qu’il y en ait une. Voilà le problème ! Tous les pays, l’Arabie Saoudite, le Koweït, le Katar, les Emirats, Bahreïn en ont vraiment… Il y a d’autres pays qui sont nettement en retard comme le Yémen, le Soudan, la Libye dans le domaine médical, mais les pays du Golfe ayant des moyens, ont fait un bond en avant absolument considérable.

  • Donc, vous préconisez…

Qu’il y ait quelqu’un qui veuille bien réfléchir à ce problème, établir une politique, la réaliser et la suivre. Il y a le suivi. Ceci n’est pas un travail d’un an ou deux, c’est un travail à long terme sur 10 à 20 ans parce que nous allons à la faillite, non seulement dans le domaine de la santé de nos concitoyens, mais aussi sur le plan financier. Le budget de la santé, au Liban, va devenir un poids considérable dans le budget de la nation et ceci parce qu’il n’y a aucun contrôle, parce qu’on fait ce qu’on veut, on fait n’importe quoi, on dépense sans contrôle …

  • Quelles seraient les grandes lignes d’une politique de santé ?

Tous les pays du monde ont établi un même système de santé, c'est-à-dire qu’il faut à tous les niveaux, dans tous les secteurs de la santé, mettre des normes et marcher selon ces normes :

Le nombre de médecins : il faut réduire le nombre de médecins, il faut un numerus clausus. Il faut refuser d’accepter des médecins. Nous n’avons pas besoin de plus de 200 à 250 médecins nouveaux diplômés de l’étranger ou du Liban par an. Donc il faut faire un numerus clausus. On refuse de former plus de 250 médecins par an. Voilà un moyen.

On contrôle le nombre de lits : on n’a pas besoin de tant d’hôpitaux ici et là. On ferme ces hôpitaux. On leur donne un délai pour fermer. Comment les obliger à fermer ? En leur disant : voilà il y a des normes. Si vous ne suivez pas ces normes… Beaucoup de ces hôpitaux fonctionnent sans normes, sans niveau, sans qualité et donc, si on exige d’eux qu’ils suivent des normes normales et qu’ils n’y arrivent pas, on leur dit bye bye, il faut fermer vos portes. A ce moment là, on réduit le nombre des lits, on améliore la qualité des hôpitaux existants, on contrôle les équipements.

On a besoin de 2 ou 3 types d’appareils très lourds qui valent des millions de dollars, on en met un au Nord, un ou deux à Beyrouth, un au Sud, un à la Békaa et on s’arrête et l’affaire est terminée. Interdit d’amener d’autres équipements parce que ceux-ci coûtent à l’Etat, coûtent aux citoyens et peuvent être mal utilisés parce que les gens qui les utilisent sont incompétents.

Il y un contrôle à tous les niveaux à faire. Il y a je ne sais combien de ministres qui sont passés au ministère de la santé, qui ont écrit des volumes et des livres sur la politique de santé au Liban que personne n’a jamais appliquée. Il est inutile de chercher midi à quatorze heures, les politiques de santé existent dans les tiroirs et dans les livres qui ont été rédigés et écrits par de nombreux ministres et par de nombreuses commissions qui ont été nommées depuis 40 ans. Il suffit de les appliquer et l’affaire est terminée.

  • Qu’est ce qui en empêche aujourd’hui l’application ? Où se pose le problème ?

Le problème est au niveau politique. On estime qu’une région doit avoir un hôpital, on demande à l’Etat de construire un hôpital public dans 25 régions du Liban. C’est ce qui a été fait. Ca a coûté dans les 300 millions de dollars inutilement, complètement inutilement. Ceci est politique. Quand on permet à des tas de gens, parce qu’il y a dans telle région un hôpital de telle communauté et non pas d’une autre, il faut à tout prix qu’il y en ait un autre de telle communauté… Il faut que les médecins dans les hôpitaux publics soient de telle communauté et soient les copains de celui-ci ou de celui là. Ce n’est ni à la qualité du médecin, ni à son niveau qu’on le nomme directeur d’un hôpital public ou spécialiste dans le secteur public. C’est politique, donc c’est politicien. Si on veut continuer à ouvrir des facultés de médecine parce qu’il en faut une au Nord, une au Sud, une à l’Est et une à l’Ouest, on continuera à avoir et à ne rien avoir du tout. Donc le problème est purement politique à tous les niveaux : les facultés de médecine, les lits d’hôpitaux, le contrôle des équipements, le contrôle des factures… Nous avons des hôpitaux qui fonctionnent uniquement sur des malades du ministère de la santé en falsifiant les factures, en trafiquant tout ça de façon éhontée. Tout le monde le sait et personne ne fait rien.

  • Quel serait votre message aux politiciens ? Si vous deviez vous adresser à eux directement, que leur diriez-vous ?

Je leur dirais : si vous continuez à oublier que vous avez une obligation morale de bien soigner les compatriotes et il est de votre devoir d’appliquer une vraie politique de santé et une obligation financière pour ne pas avoir des déficits considérables dans les budgets, si vous ne le faites pas, c’est vous qui êtes responsables du déficit du budget et des mauvais soins à vos compatriotes et ceci est une responsabilité considérable.

  • Et si vous deviez vous adresser à la population qui, elle, est victime de ce dont vous venez de parler, que lui diriez-vous ?

Malheureusement, nous n’avons pas d’opinion publique au Liban. En réalité, il est inutile, à mon avis, de s’adresser à la population. Il n’y a pas d’opinion publique au Liban et d’ailleurs c’est ce qui fait que sur le plan politique et sur tous les plans, il y a un immobilisme total. Personne ne bouge. On s’arrange, on se débrouille, on s’arrange avec ses politiciens, on s’arrange avec son clan, on s’arrange avec sa confession, on s’arrange avec ses amis, on essaye d’arranger les choses, mais personne ne pense au bien commun et donc il n’y a aucune opinion publique. C’est une opinion publique qu’il faut former un jour à l’école, depuis le jardin d’enfants jusqu’aux études supérieures, former une opinion publique et le jour où il y aura une opinion publique tout changera.

  • Et si les politiciens ne répondent pas à l’appel ?

Cela ne les arrange pas de répondre à l’appel. Ils sont heureux qu’il n’ y ait pas d’opinion publique et personne ne formera le citoyen pour faire une pression quelconque sur quiconque. Donc on restera toujours dans ce marasme, à la va comme je te pousse…

 

Le 21.1.05
   

Dr Assaad RISK
Ancien Ministre de l'Education Nationale, du Travail et des Affaires Sociales, de l'Industrie et du Pétrole.
Professeur Honoraire à la Faculté de Médecine de l'USJ (enseignant depuis 30 ans).
Spécialité: Urologie.

doteasy.com - free web hosting. Free hosting with no banners.

 

 

 

 

Copyright © 2004-2005 GlobalAdvocacy.com
All Rights Reserved 
   User Agreement | Privacy Policy