Entre
une partie de la classe politique
et une partie de la société civile
Un partenariat de la corruption
Entretien conduit par Marie-Claude Saadé-Hélou
(15/10/2004)
La rationalisation des
Finances publiques serait-elle une tâche accessible
dans l’état actuel des choses ?
L’armée
libanaise serait-elle capable de prendre en charge la
sécurité sur l’ensemble du territoire
libanais en cas de retrait de l’armée syrienne
?
Peut-on dans les circonstances
actuelles prétendre élaborer une loi électorale
conforme aux aspirations des libanais ?
Les incitations de l’Ambassadeur
des EU en direction de la transparence des élections
et de leur conformité aux normes internationales
seraient-elles réalistes ?
La survie politique
du régime pourrait-elle être remise en
cause ?
1- La rationalisation des Finances publiques
serait-elle une tâche accessible en l’état
actuel des choses ?
Le
pays est au bord du gouffre sur le plan économique et social.
Le Ministre Siniora se propose aujourd’hui de rationaliser
les finances publiques à travers un plan global de réformes.
Plutôt que l’alourdissement des charges fiscales,
dans le collimateur de son projet de Budget pour 2005, les dépenses
publiques ou plutôt le gaspillage public. C’est donc
bien à cette graisse asphyxiante de l’Etat que M.
Siniora veut s’attaquer.
Comment
réagissez-vous à cette initiative ? Est-il possible
aujourd’hui de mener à bien pareille entreprise?
Farès Souaid :
Je crois
qu’il n’y a aucune réforme économique
et monétaire possible dans le pays en dehors d’une
réforme politique et que le problème est d’ordre
politique. Le pays vit une crise nationale de laquelle découlent
d’autres formes de crises: politique, économique,
monétaire et même morale.
Ce qui a empêché la mise en place d’une réforme
économique dans le pays est la volonté du pouvoir
politique d’établir un cycle de corruption dans lequel
une partie de la classe politique s’engage avec une partie
de la société libanaise. Le citoyen libanais a perdu
les moyens de briser ce cycle de corruption. Il rêve d’y
adhérer. Je veux dire qu’au fil des jours, avec l’édification
de l’Etat (depuis 1992), tous les moyens de surveillance
de l’Etat ont été stérilisés
: partis politiques, presse, élections législatives,
choix des gouvernants et il y a eu établissement d’une
économie à deux vitesses: celle qui est conforme
aux hommes du pouvoir et de leurs électeurs et celle des
marginalisés.
1- Les
hommes du pouvoir et leurs électeurs.
Les hommes du
pouvoir et leurs électeurs constituent une catégorie
qui englobe plusieurs secteurs: le secteur des banques par exemple,
représente l’un des piliers de la corruption, de
même que les grands établissements hospitaliers,
les grandes compagnies d’entreprise, les patrons, le secteur
industriel, touristique, tout cela fait partie de la première
catégorie qui bénéficie des grâces
du pouvoir et d’un système corrompu mis en place
à partir de 1992.
Ce système ne vise pas seulement à établir
une classe mafieuse mais a aussi pour but de mettre la main sur
la majorité de ceux et celles qui peuvent avoir une contribution
dans la renaissance du pays après la guerre. Et quand on
se pose la question: comment les gens (c'est-à-dire la
classe politique et une partie de la société) votent
dans un sens puis dans un autre, la réponse est qu'il est
en fait facile de leur faire changer de position selon des intérêts
bien établis.
Pendant la guerre, les milices avaient assuré une assistance
financière médicale aux communautés et avec
la fin de la guerre, les mêmes chefs de milices sont passés
au pouvoir politique pour l’édification d’un
Etat de Paix sans aucun changement de comportement conforme à
la nouvelle période de Paix. Au contraire, l’Etat
servait de caisse commune distribuée aux personnalités
politiques principales du pays qui elles-mêmes recyclaient
cet argent au niveau des communautés.
Quand on parle de mainmise syrienne sur le pays, il ne s’agit
pas seulement de l’établissement d’un régime
sécuritaire (Services de renseignement, prisons etc.),
mais aussi du fait que le pays est tenu essentiellement par l’intermédiaire
de ce cycle de corruption partagé avec une partie de la
classe politique syrienne: casinos, essence, cellulaire, secteur
touristique, constructions routières etc. Même à
l’hippodrome de Beyrouth, sur 7 courses dit-on, une irait
aux SR syriens et nous avons deux députés de l’hippodrome.
La société civile a perdu ses points de repère
moraux pendant la guerre et s’est transformée en
une société assistée par les milices de droite
ou de gauche chrétiens ou musulmans. Avec l’arrêt
de la guerre, l’édification de l’Etat était
loin de donner l’exemple à cette société
civile malade. La classe politique imposée au pays n’a
cessé de donner le mauvais exemple.
Ceci pour la première catégorie : celle des bénéficiaires.
2- Les
marginalisés.
La deuxième
catégorie est celle des marginalisés. Ce sont les
gens honnêtes qu’ils soient pauvres ou riches, l’élite
intellectuelle qui commence à quitter le pays et refuse
son intégration dans le cycle de corruption. La majorité
de l’émigration juvénile au Liban est représentée
par des universitaires qui connaissent l’intérêt
de l’Internet.
La petite bourgeoisie libanaise adhère beaucoup plus facilement
au cycle de corruption que les pauvres et les villageois.
Quand on parle de rationalisation budgétaire, monétaire
ou financière, s’il n’y a pas de décision
politique pour briser ce cycle de corruption, il est inutile de
penser à des réformes bénéfiques.
La mainmise syrienne sur le pays s’est opérée
par l’intermédiaire d’une classe politique
corrompue qui transmet sa corruption à une partie de la
société.
2-
L’armée libanaise serait-elle
capable de prendre en charge la sécurité sur l’ensemble
du territoire libanais en cas de retrait de l’armée
syrienne ?
Issa
Goraieb, dans un éditorial du 18.9.04, écrit ce
qui suit:
« La Syrie, en effet, reste en mesure de faire voler
en éclats, même à distance, cette fameuse
stabilité dont elle revendique la paternité exclusive:
ce serait, dans sa forme la plus extrême, le redoutable
"c’est nous ou le chaos". Et malgré ses
effectifs d’une ampleur sans précédent, malgré
le considérable budget qui lui est alloué, malgré
tous les slogans lancés à sa gloire, ce n’est
pas l’armée régulière libanaise qui
serait à même de gérer ce genre de chaos
»
Un dignitaire religieux cité par Emile Khoury du Nahar (OLJ 16.9.04)
ne semble pas être du même avis: « Le Liban ne
manque pas, ne manque plus, des moyens d’assurer l’ordre
sur l’ensemble de son territoire par le truchement de ses forces
propres. Tout au contraire, et sans fausse honte, ces cadres ne cessent
d’affirmer qu’en cas de départ des Syriens, la paix
civile s’effondrerait et la sécurité serait balayée.
Ainsi, 25 ans de tutelle ne leur suffisent pas. Alors même que,
sans crainte de se contredire, ils se félicitent du haut niveau
atteint par notre armée nationale ».
Enfin, une source du Pentagone a rejeté l’argumentation
développée par le gouvernement libanais pour justifier
la présence syrienne, affirmant que l’armée est
parfaitement capable d’assurer la sécurité sur l’ensemble
du pays.
Dans l’hypothèse d’un retrait de l’armée
syrienne, l’armée libanaise serait-elle, selon vous, capable
de prendre en charge la sécurité sur l’ensemble
du territoire libanais ?
Farès Souaid :
L’armée libanaise
est certainement capable de prendre le contrôle sécuritaire
du pays surtout que cette armée a bénéficié
d’une assistance financière et technique qui a atteint
l’ordre de 10 milliards de dollars de 1990 à aujourd’hui.
Donc si la dette nationale est de 36 milliards de dollars, 10 milliards
ont été payés par les libanais eux-mêmes
pour la reconstruction de l’armée libanaise, des Forces
de Sécurité intérieure (la Police) et les SR (Sûreté
générale, Renseignements de l’Armée et de
la Police).
Ce coût exorbitant payé par les Libanais eux-mêmes
fait de l’armée libanaise une armée de pointe pour
assurer le contrôle technique du pays. Reste qu’il ne suffit
pas que l’armée soit prête sur le plan technique.
Lorsque la guerre avait éclaté, l’armée s’était
divisée en deux clans suivant le clivage de la guerre. Pour que
cette armée soit un instrument qui comblerait le vide sécuritaire
syrien, elle devrait être contrôlée par une classe
politique qui se préoccupe de l’intérêt du
pays. Seul un environnement politique national sain peut faire de l’armée
libanaise un instrument de contrôle du pays. Même si l’armée
libanaise est techniquement prête, en dehors d’un environnement
politique lui aussi prêt à assurer la transition, l’armée
libanaise serait elle-même aussi un des instruments de la déflagration.
Des précautions
sont donc à prendre :
La transition de l’ère syrienne à l’ère
libanaise doit être assurée en premier par la classe politique
et non par l’armée. L’armée devrait occuper
le rôle de seconder une classe politique capable de gérer
le pays. Pendant longtemps, les Libanais ne réfléchissaient
pas de cette manière, comme le prouvent l’expérience
Fouad Chéhab en 1958 et la pseudo expérience Aoun. A chaque
fois qu’il y a eu mutation de positions (l’armée
guide le pays et la classe politique seconde) le pays est entré
dans une catastrophe nationale.
Cet environnement politique
que nous décrivons dépend aussi des efforts de la société
libanaise, de ses chefs religieux, de ses hommes politiques, de ses
secteurs productifs et de l’appui de l’extérieur.
Oui, l’armée
techniquement peut contrôler le pays à condition qu’elle
soit assistée par un environnement politique lui aussi prêt
à assurer la transition entre la 2ème et la 3ème
République.
Quand on parle de la
2ème République, on parle de la période qui s’étale
depuis l’application des accords de Taef en 1989 jusqu’à
nos jours. Pendant cette période, nous avons assisté à
la mise en place d’une classe politique, militaire et économique
sous assistance syrienne. Si cette assistance est débloquée
suite à des facteurs intérieurs, régionaux ou internationaux
ou les 3 à la fois, nous passons de la 2ème à la
3ème République.
La transition en douceur
consisterait à aider le dispositif politico militaro économique
lors de son passage de la 2ème à la 3ème République.
Il ne s’agit pas de détruire tout ce qui a été
fait pendant la 2ème République et de faire un nouveau
dispositif. Il faut compter sur la faculté d’adaptation
des Libanais. Ces mêmes personnes qui sont aujourd’hui au
pouvoir à la solde de la Syrie (militairement, économiquement
et politiquement) elles-mêmes deviendraient les premières
dénonciatrices de l’assistance syrienne au pays et elles-mêmes
s’adapteraient au nouveau climat politique. A ce moment là,
seules des élections législatives libres pourraient faire
le tri de la classe politique.
3- Peut-on
dans les circonstances actuelles prétendre élaborer une
loi électorale conforme aux aspirations des Libanais ?
Le
chef de l’État a signifié sa position en faveur
d’une loi électorale équilibrée et représentative.
Un
ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats s’exprimant
dans le cadre d’un entretien accordé à la LBCI,
a estimé que la prochaine loi électorale, « élaborée
à l’étranger », paraîtrait à
la toute dernière minute et qu’« elle sera pire
que la précédente ».
La
Rencontre démocratique de Walid Joumblat affirme que «depuis
le début des années 90, les lois électorales ont
été taillées à la mesure de situations précises,
allant à l’encontre de nombreux objectifs fixés
par Taëf. Elles ont contribué à approfondir les divisions
communautaires et confessionnelles, à porter un coup au principe
de la représentation parlementaire authentique, à neutraliser
la valeur de la voix de l’électeur, et sont devenues un
instrument pour écarter et marginaliser certaines parties
». Tout
en soulignant la nécessité de ramener la majorité
électorale à 18 ans, «la Rencontre démocratique
met en garde contre toute loi prévoyant un découpage électoral
qui considère le Liban comme une circonscription unique. Toute
loi électorale qui ne prendrait pas en considération la
composition et la diversité de la société libanaise
ainsi que les principes qui assurent une représentation authentique
de la population serait en réalité un projet destiné
à imposer une hégémonie quantitative et à
porter un coup au principe de la participation garantie par la Constitution».
En
conséquence, la Rencontre démocratique appelle à
« un vaste dialogue autour d’une loi électorale
qui prévoit un découpage électoral fondé
sur la petite circonscription ».
Peut-on
dans les circonstances actuelles prétendre élaborer une
loi électorale conforme aux aspirations des Libanais ?
Farès Souaid :
La aussi il y a deux réponses à cette question :
1- Il ne s’agit pas d’une procédure technique indépendante
d’un environnement administratif et politique. Même une
loi électorale idéale qui servirait de base à des
élections contrôlées administrativement et politiquement
par la classe politique actuelle ne peut assurer que des résultats
minimes. Je m’explique : il y a eu des élections municipales
au Liban. Pendant les élections municipales, on parle de micro
circonscription (au niveau du village et de la ville) et malgré
cette loi électorale idéale, les résultats ont
été en faveur du pouvoir actuel. Une des raisons essentielles
serait le cycle de corruption que nous avons décrit en premier.
2- Dans un pays pluriconfessionnel, toute loi non fondée, non
basée sur la représentation équitable de toutes
les communautés, sur base de la démocratie consensuelle
serait une loi électorale non représentative.
Le Liban pluriconfessionnel
vit aujourd’hui une expérience historique. Laïcité,
modernisme, démocratie numérique et slogans adoptés
en Europe au cours du 20ème siècle deviennent aujourd’hui
anachroniques après le 11 septembre. Pourquoi un musulman français
dont le grand-père a combattu avec les « poilus »
sur la ligne Maginot, dont le père a été ouvrier
chez Renault, né à Barbès, marié à
une française, citoyen honnête qui paye ses impôts,
ne fêterait pas officiellement le Ramadan au sein de la 5ème
République laïque alors que le même citoyen français
catholique fête Noël et Pâques au sein de la même
République laïque.
Une loi électorale qui ne prendrait pas en considération
la représentation équitable des communautés ne
peut pas être représentative. Si nous appliquons au Liban
la démocratie numérique, basée sur le concept de
majorité et minorité, les communautés musulmanes
occuperaient la majorité des sièges parlementaires. La
garantie des minorités comme la communauté druze par exemple,
ne peut être assurée que par le biais d’une démocratie
consensuelle qui, de facto et au sein de la Constitution, assure à
la communauté druze, chrétienne, chiite ou sunnite un
certain nombre de sièges parlementaires.
Ce concept en Europe était considéré avant le 11
septembre comme un concept anachronique. L’entrée de la
Turquie au sein de la communauté européenne, le 11 septembre,
le problème de l’Irak, le problème de l’immigration,
la guerre de Yougoslavie, la déflagration de l’Union soviétique
représentent tous des facteurs qui ramènent Dieu progressivement
à la politique occidentale alors qu’il est omniprésent
dans la politique orientale.
Une nouvelle loi électorale
en France qui n’assurerait pas un certain nombre de sièges
à la communauté musulmane en termes de garantie de représentativité
de cette communauté, pourrait un jour être perçue
comme non démocratique. Là le Liban peut servir de projet
pilote pour ces sociétés occidentales modernes qui se
heurtent aujourd’hui à des problèmes qui semblent
être ridicules pour un Libanais et graves pour un français
comme le problème du foulard islamique.
4- Les incitations de l’Ambassadeur des
EU en direction de la transparence des élections et de leur conformité
aux normes internationales seraient-elles réalistes ?
Lors d’une réunion le 24 septembre 2004 avec le Ministre
de l’Intérieur M. Elias Murr, l’Ambassadeur des EU,
M. Feltman a, selon ses propres termes, « incité le
ministre à tout faire pour que ces élections soient transparentes,
crédibles, à caractère libanais et conformes aux
normes électorales internationales ».
Le même jour, le Ministre Sleiman Frangieh déclarait en
substance que « les législatives auront lieu prochainement
et le gouvernement qui sera formé persistera jusqu’à
ces élections ».
Dans
la conjoncture actuelle, la proposition de l’Ambassadeur Feltman
vous semble-t-elle réaliste et accessible? Si l’idée
de conformité aux normes internationales était retenue
quel en serait le mécanisme d’application et selon quel
calendrier ?
Farès Souaid
:
Si
les élections se déroulent au sein de la 3ème République
que nous venons de décrire, donc sans assistance syrienne directe
ou indirecte, les élections seraient libres et démocratiques.
Au
contraire au cas où les élections se dérouleraient
dans la conjoncture actuelle, au sein de la 2ème République,
les élections du printemps 2005, ressembleraient aux élections
de l’an 2000, 1996, 1992 (de la 2ème République).
Personnellement,
je fais la différence entre 2ème et 3ème République
pour dire que la transition de la 2ème à la 3ème
serait assurée par des facteurs intérieurs et extérieurs
:
Facteurs
intérieurs représentés par la volonté
de changement des libanais, l’avenir de l’opposition;
Facteurs
extérieurs essentiellement représentés par
l’équilibre des forces établi, après
la guerre en Irak, entre la Syrie et la communauté internationale
et basé sur l’application de la Résolution 1559.
Ces
facteurs intérieurs et extérieurs pourraient être
les leviers essentiels d’une transition qui pourrait assurer des
élections libres en 2005.
5- La survie politique du régime pourrait-elle
être remise en cause ?
L’OLJ dans son édition du 2 octobre 2004, citant sa correspondante
aux NU, rapporte ce qui suit : « Concernant les élections
présidentielles au Liban et la prorogation du mandat du Président
Lahoud, le Secrétaire Général a exprimé
clairement son opinion lors de la conférence de l’Union
africaine d’Addis-Abeba en juillet dernier. Il s’oppose
à l’extension des mandats des leaders et des gouvernements
au-delà des limites de leur mandat ».
De plus, nous savons tous que Walid Joumblat a appelé le Président
de la République à démissionner et à l’organisation
de nouvelles élections conformes à la légalité.
Pourtant les EU n’ont pas l’intention de rompre avec le
pouvoir libanais en place ni lui retirer leur reconnaissance suite à
la prorogation. Ils considèrent au contraire le problème
de la prorogation dépassé et entendent dialoguer avec
les autorités libanaises au plus haut niveau.
Entre
l’opposition du Secrétaire Général de l’ONU
aux extensions de mandats, les appels à la démission du
Président de la République lancés par Walid Joumblat,
le rejet de l’amendement par le Rassemblement de Kornet Chehwan
et le dépassement par les EU de l’épisode de la
prorogation, sans compter les autres paramètres, s’achemine-t-on
vers le naufrage ou la survie politique du régime ?
Farès Souaid :
La position du Président
Lahoud est directement dépendante de la position syrienne.
Si le régime syrien se dirige vers une réconciliation
avec la communauté internationale, le problème de l’amendement
constitutionnel et de la reconduction du mandat Président Lahoud
devient secondaire. Qu’il reste ou ne reste pas dépendra
de la conjoncture politique intérieure et donc de la détermination
de l’opposition à son égard.
Si le régime syrien au contraire se dirige vers une confrontation
à l’image du Baas irakien avec la communauté internationale,
la présence du Président Lahoud symbolisera cette détermination
syrienne.
Personnellement, je crois que les EU espèrent une politique de
soft landing, une transition en douceur de la 2ème à la
3ème République: le régime syrien se dirige vers
une réconciliation avec la communauté internationale;
il affiche son approbation à l’application de la Résolution
1559 et on opère une transition en douceur au Liban.
Ce n’est que dans un bras de fer entre la Syrie et la communauté
internationale que le Président Lahoud peut tenir et sa présence
serait basée sur une déstabilisation sécuritaire
de facto imposée par les SR syro libanais (comme l'attentat contre
Marwan Hamadé) et cette déstabilisation assurerait la
permanence du régime syrien et libanais en dehors de la légalité
internationale.
M. Farès Souaid Député
au Parlement libanais.
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