Le virus de la grippe aviaire
pourrait être propagé par les oiseaux sauvages
Etat d'alerte et mesures
préventives sont indispensables dans les pays situés le long des voies
migratoires
Le
Thi Yen montre une photo de son fils Nguyen Duc Long mort de
grippe aviaire en 2004, à l’âge de 4 ans.
La famille, qui habite le village de Giang Trieu, près
d’Hanoi (Viet Nam), avait abattu et consommé des
poulets atteints de la maladie. |
31 août 2005, Rome - Le
virus mortel de la grippe aviaire, qui sévit dans plusieurs pays d'Asie,
pourrait être propagé par les oiseaux sauvages au Moyen-Orient, en
Europe, en Asie du Sud et en Afrique, met en garde aujourd'hui la
FAO.
Les oiseaux provenant de Sibérie - où le virus H5N1 a été récemment
détecté - pourraient, à terme, transporter le virus vers la mer Caspienne
et la mer Noire. Ces régions ainsi que les pays balkaniques pourraient
offrir au virus une porte d'entrée vers l'Europe centrale.
"La FAO est préoccupée par le fait que les pays pauvres du sud-est
de l'Europe, où les oiseaux sauvages se mêlent à ceux du nord de l'Europe,
seraient dans l'incapacité de détecter et de gérer d'éventuelles flambées
de grippe aviaire", selon Joseph Domenech, vétérinaire en chef à la
FAO.
Les voies migratoires passent également par l'Azerbaïdjan, l'Iran,
l'Irak, la Géorgie, l'Ukraine et quelques pays méditerranéens où des
flambées de grippe aviaire ne sont pas à écarter, selon la FAO.
L'Inde et le Bangladesh, actuellement non infectés, sont également
menacés. Le Bangladesh et, dans une moindre mesure, l'Inde, abritent
un grand nombre de canards de basse-cour. Ces deux pays, situés le
long des principales routes migratoires, pourraient se transformer
en une vaste zone où la grippe aviaire serait endémique, avertit la
FAO.
"L'influenza aviaire est un problème aux dimensions internationales
qui nécessite certainement une réponse internationale vigoureuse,"
souligne M. Domenech.
La grippe aviaire a tué plus de 60 personnes en Asie depuis 2003 et
plus de 140 millions de volatiles sont morts ou ont été abattus
dans le cadre des efforts visant à circonscrire les épizooties. Les
experts en santé estiment que la grippe aviaire pourrait provoquer
une pandémie mondiale si le virus devait s'adapter et devenir facilement
transmissible entre les êtres humains.
H5N1 se propage
Jusqu'à
une date récente, les flambées de grippe aviaire se produisaient en
Indonésie, au Viet Nam, en Thaïlande, au Laos, au Cambodge et en Chine.
Mais en juillet dernier, la Russie et le Kazakhstan ont confirmé la
présence du virus H5N1 chez des poulets et des oiseaux sauvages. En
Mongolie, quelque 90 oiseaux migrateurs ont été trouvés morts
dans deux lacs durant le mois d'août 2005.
Entre avril et juin 2005, plus de 6 000 oiseaux migrateurs sont morts
du fait du virus H5N1 dans la réserve naturelle du lac Qinghai, en
Chine. Au Tibet (Chine), 133 poules pondeuses ont été victimes
du même virus.
Ces nouvelles flambées montrent que H5N1 se propage progressivement
vers le nord-ouest et n'est plus confiné à l'Asie du Sud-Est. En Russie
et au Kazakhstan, l'infection se produit du fait de contacts entre
animaux de basse-cour et oiseaux aquatiques sauvages, indique M. Domenech.
Prévention
La FAO
invite tous les pays concernés à faire preuve de vigilance et à surveiller
étroitement les animaux de basse-cour pour prévenir le risque d'infection
du fait d'oiseaux migrateurs. Les pays devraient mettre en place des
plans d'urgence.
Il convient d'empêcher ou de réduire tout contact entre les êtres
humains, les volailles et la faune ailée. La surveillance s'impose.
Il conviendrait également de vacciner les poulets dans certaines situations
à risque.
Combattre le virus à la source
La FAO
exhorte les pays affectés et la communauté internationale à combattre
le virus à la source, soit chez les volailles. "Aussi longtemps que
le virus H5N1 sera présent chez les volailles, il continuera de menacer
les êtres humains. Aussi avons-nous mis en place plusieurs réseaux
régionaux en Asie afin d'améliorer la collaboration entre pays," indique
M. Domenech.
La FAO et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) ont développé
une stratégie de contrôle de la grippe aviaire en Asie qui coûtera
plus de 100 millions de dollars (surveillance, diagnostic et
autres mesures de contrôle, y compris la vaccination). Jusqu'ici,
les bailleurs de fonds ont promis quelque 25 millions de dollars
pour soutenir cette stratégie.
GlobalAdvocacy.com
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