Un
épilogue est l'aboutissement d’un récit ou la
conclusion d’un exposé. Il a été question
de « trente années tragiques », mais que peut-on
espérer pour la suite dont les perspectives sont peu encourageantes
?
Tout
semble morose. Les appels au dialogue lancés par tous les
non inféodés au Pouvoir restent sans écho.
La réconciliation nationale proclamée par
les chantres de Taef est considérée par eux comme
« chose déjà accomplie », alors que le
clivage dans le pays est nettement plus profond que par le passé.
En fait de dialogue, c’est plutôt un dialogue de sourds.
Mais,
sur ce sombre fond de tableau, se dessine le profil d’une
jeunesse qui refuse, qui n’accepte pas la soumission, qui
ne se laisse pas abattre par les pratiques d’un régime
honni qui cherche dans sa tendance totalitaire une éphémère
puissance. Une jeunesse audacieuse, résolue, qui défie
l’oppression et qui s’affirme chaque fois que l’occasion
s’en présente. Une jeunesse laborieuse, avide d’étudier
et de s’instruire, rebelle à toute pensée
unique.
Voilà
plus de 30 ans que les « artisans d’iniquité
» ne sont pas arrivés à bout de la force d’âme
et de la volonté de liberté des Libanais.
Une
chose est certaine : rien n’est définitif en Histoire.
Le système le plus solidement charpenté peut s’effondrer
au moment où l’on s’y attend le moins. Qui aurait
pu prévoir la rapidité avec laquelle l’empire
communiste s’est écroulé comme un jeu de domino
? Qui aurait pu prédire les changements qui se produisent
sous nos yeux en Iran ?
Et
pourquoi un vent de renouveau ne soufflerait-il pas sur le Liban
et n’entamerait-il pas un nettoyage à l’instar
de l’un des douze travaux d’Hercule ?
Et
puisque ce livre a commencé par une citation du Grand Prêtre
Joad, terminons par les paroles d’espérance du même
pontife :
Celui
qui met un frein à la fureur des flots
Sait aussi des méchants arrêter les complots
(Athalie, I,I)
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