Le
30 Janvier 1990, les FL firent exploser le conflit avec
l’armée régulière, proclamant qu’elles
se défendaient contre « la guerre de l’élimination
» préparée par le Général Aoun.
Ce
fut la guerre inter chrétienne, sans doute l’épisode
le plus tragique des quinze années de guerre au Liban : combats
fratricides des plus meurtriers, destructions de villages et quartiers
chrétiens, séparation de familles et surtout affaiblissement
du camp chrétien.
Cet
épisode dura jusqu’à fin Avril 1990,
lorsque le Pape intervint personnellement et chargea le patriarche
maronite, venu à Rome, d’un message aux parties, auquel
personne ne put résister.
Le
Régime de Taef établi manu militari
Mais
les troubles ne cessèrent malheureusement pas à l’issue
de ce conflit inter chrétien.
Sur
l’ensemble de la scène libanaise, l’affrontement
entre la nouvelle république de Taef et l’autorité
du pouvoir du Général Aoun devenait inévitable
et l’on n’aurait pas pu imaginer comment éviter
une conflagration en règle.
Or
la Syrie qui couvait le gouvernement issu de Taef, se voyait toujours
interdire par les puissances internationales l’emploi de son
armée aérienne pour écarter Aoun. Sur le terrain,
elle ne pouvait plus mener une guerre ouverte, l’ONU devant
veiller sur la paix.
Il
aura fallu la Guerre du Golf pour que la situation changeât
: La campagne « Desert Storm » (Tempête du désert)
prêchée par les Etats-Unis pour embrigader les membres
de l’ONU, Ouest comme Est, contre l’Irak qui a envahi
le Koweït, finit par amener la Syrie à se joindre à
l’entreprise, mais avec un « marché » conclu
entre Hafez El-Assad et George Bush, impliquant que la Syrie aurait
le feu vert pour attaquer le Liban par terre et par air et installer
ainsi le pouvoir né de Taef.
Dans
la nuit du 13 Octobre 1990, l’armée syrienne
passa à l’attaque pendant que son aviation se déchaînait
dans le ciel libanais.
Le
Général Aoun jugeant toute résistance impossible,
décida de donner l’ordre de cessez-le-feu. Mais ses
consignes ne purent être données, les communications
ayant été coupées. Aoun gagna l’ambassade
de France toute voisine pour donner les ordres de là-bas
et retourner ensuite au palais présidentiel afin de livrer
le pouvoir aux nouvelles autorités. Trop tard ! L’aviation
avait déjà bombardé le palais et les forces
syriennes l’avaient investi.
Le
Général ne put donc regagner Baabda. Il dut à
partir de l’ambassade ordonner à l’armée
de cesser le feu et de se mettre sous les ordres du Général
Emile Lahoud.
Cela
n’a pas empêché le « porte-parole »
de service de prétendre que le Général Aoun
s’était réfugié à l’ambassade
sans assurer la sécurité de sa famille et que ce sont
les forces syriennes envahissantes qui ont mis celle-ci en lieu
sûr…