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Il est frappant de constater que les mêmes
problèmes posés durant la trêve qu a suspendu
pour un temps ce qu’on a appelé « La Guerre
de Deux Ans » (1975-76), se posent encore aujourd’hui
avec plus d’acuité et même avec un fond de morosité
et de pessimisme qui n’existait pas à cette époque
là, au sortir du « bain de sang ».
En
effet, le pays et le peuple étaient loin d’être
aussi meurtris que maintenant et les gens de tous bords, étonnés
de ce qu’ils venaient de perpétrer, semblaient alors
animés d’un esprit sincère de changement et
de rénovation. L’énormité de ce qui s’était
passé (pourtant « anodin » comparé
à la monstruosité des 12 années qui allaient
suivre) les avait tellement traumatisés, qu’ils
disaient naïvement « plus jamais ça ! ».
Hafez
Assad lui-même reconnaissait que « les combats sanglants
au Liban ne ressemblent à aucune guerre, même civile,
connue dans l’Histoire » (journaux du 25-6-77).
Et le professeur Charles Malek de déclarer : « Ce
que nous avons subi n’arrive pas à un peuple en 500
ans).
Tout
au contraire aujourd’hui, dans ces temps d’épreuves,
les tensions se manifestent plus fortes qu’autrefois : depuis
la sanglante équipée fondamentaliste de Dennyeh (incomplètement
réprimée après deux ans), jusqu’aux proclamations
hostiles à l’appel, pourtant modéré des
évêques du 29-9-2000, proclamations proférées
aussitôt du haut de chaires respectables par des prédicateurs
pressés de « se positionner », n’ayant
même pas pris le temps de lire le texte incriminé.
Ajouter
à cela la présente dégradation de la situation
générale du pays. Déjà, dans son homélie
du Vendredi-Saint 1996 prononcée en présence
du Président Chirac et du pPrésident Hraoui, le Cardinal
Sfeir, évoquant la passion du Christ, a dit :
«
Transposée au plan national, la figure du Christ
endolori ne serait-elle pas la figure de ce Liban meurtri, humilié,
presque exsangue, au bout de 17 ans de guerre pendant lesquelles
ont été commises les atrocités les plus ignobles
? Il ne cesse, après que le canon se soit tu, de souffrir
de grands maux. Ce qui l’humilie le plus, c’est qu’il
perd tous les jours un peu plus de son identité et de sa
dignité de pays indépendant, souverain et jouissant
de son pouvoir de libre décision. » (L’Orient-Le
Jour 04-04-96, p.2).
Il
a donc paru intéressant de relire quelques articles datant
de la période de clame de 1977, lorsque les Libanais
de tous bords manifestaient leur bonne volonté respective
d’établir entre eux un dialogue, à la recherche
d’une issue.
Voici
4 articles écrits durant cette trop courte période
d’euphorie, à un moment où personne n’aurait
pu soupçonner que le Liban allait connaître, douze
autres années d’horreur encore plus grandes que celles
de « la guerre de deux ans », guerre que les
Libanais de tous bords reconnaissaient alors comme sans précédent
dans l’Histoire.
Printemps
2002. |