Le
problème du Foyer Juif, soulevé dès
la seconde moitié du XIXème siècle (Théodore
Herzl, « l’an prochain à Jérusalem
» ), est posé officiellement depuis 1917 par des contacts
entre personnalités juives émergentes et personnalités
britanniques. Pendant la Guerre 1914-1918, des diasporas juives
fortunées établies dans divers pays d’Europe
offraient aux Alliés Occidentaux leurs puissants moyens financiers
pour les aider dans leur lutte contre les Empires Centraux Allemagne
- Autriche. Ils demandaient, par contre, qu’une solution soit
trouvée au problème du Foyer Juif. Les tractations
se passaient à Londres, notamment avec Lord Arthur Balfour
devenu ministre des Affaires Etrangères.
Il
en sortit une déclaration restée célèbre,
la Déclaration Balfour de 1917 par laquelle l’Angleterre
promettait l’établissement en Palestine d’un
« foyer national juif ». (A noter que la Palestine,
le Liban, la Syrie, l’Irak et d’autres provinces faisaient
encore partie intégrante de l’Empire Ottoman, et que
donc cette promesse portait sur une res alterius, la chose
d’autrui).
Les
Traités de Paix sanctionnant la victoire en 1918
des Alliés sur les Empires Centraux et la Turquie, suivis
de la constitution de la Société des Nations à
Genève (SDN), ont attribué à l’Angleterre
des Mandats sur la Palestine et l’Irak, et à la France
un Mandat sur la Syrie et le Liban. L’émir Abdullah,
fils de Hussayn (ex-chérif de la Mecque), se vit attribuer
la Transjordanie sous protectorat britannique. La « Question
juive » sur le plan politique, n’a pas connu d’évolution
durant toute la période de l’entre-deux guerres. Cependant,
les juifs, disposant de capitaux considérables sur le plan
financier international (l’Agence Juive), se sont
mis à acheter des terrains en Palestine, et à investir
des fonds très étendus dans tous les secteurs, agricole,
industriel et, notoirement, de la santé : des savants de
célébrité mondiale (comme l’endocrinologue
Zondeck) avaient pressenti le péril dès l’accession
de Hitler au pouvoir en Allemagne, et s’étaient établis
en Palestine depuis 1933. Les relations étaient
naturelles et normales entre voisins : les Juifs (bénéficiaires
sans problème de la nationalité palestinienne) et
les Arabes, dont les plus grands leaders étaient bien aise
de se faire soigner par les meilleurs spécialistes émigrés
d’Europe. De plus, les Arabes ne se posaient pas de problème
pour vendre à des organisations juives les terres dont ils
pouvaient disposer, surtout quand c’était à
des prix ascensionnels dont ils n’auraient jamais pu rêver.
Dès
la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, la Question Juive
s’imposa dans toute son acuité. Les atrocités
des camps de la mort où des millions de juifs périrent,
ont lourdement chargé la conscience des vainqueurs occidentaux,
les incitant impérativement à trouver un lieu d’établissement,
un foyer et même une patrie stable pour les rescapés
des génocides. La Palestine était tout indiquée.
Les décideurs n’avaient pas la conscience
tourmentée par le problème de « réparer
une injustice sur le dos d’autrui », savoir, donner
à la victime un territoire dont les occupants sont chassés
afin de laisser la place libre.
Des
commissions d’enquête de l’ONU se sont succédées
pendant des mois, à la recherche d’une solution acceptable.
Elles avaient comme interlocuteurs en premier lieu les Palestiniens
représentés par un Haut-Comité, puis les gouvernements
arabes, qui venaient de fonder la Ligue Arabe (22 Mars 1945)
et s’estimaient supérieurs en force, en ressources,
en armes, par rapport au « nouveau né » qu’on
voulait leur coller au flanc.
Les
Arabes se sont donc enfermés dans une position systématique
de refus de toute idée d’un établissement juif
en Palestine, fût-ce même un simple foyer. Ils traitaient
« de haut », grisés qu’ils étaient
par leur indépendance fraîchement acquise. Même
quand l’ONU (Charte de San Francisco, 26 Juin 1945)
se fût saisie du problème, leur attitude ne s’est
pas assouplie. Des projets préparés par les grandes
Puissances, qui nous paraîtraient aujourd’hui enchanteurs,
furent rejetés d’emblée par les Arabes. Notamment
un projet des Nations Unies comportant l’internationalisation
de Jérusalem avec rotation triennale de la présidence
entre les parties (musulman, chrétien puis juif) fut refusé
pour le motif que la Ville Sainte serait alors gouvernée,
ne serait-ce qu’un laps de temps, par un non musulman, chose
déclarée inacceptable pour les Arabes.
Il
semble que les leaders Palestiniens furent leurrés par les
proclamations triomphalistes des pays membres de la Ligue Arabe,
lesquels nageaient dans l’ignorance même de ce que pouvait
être un service de renseignements capable de leur donner une
idée de la force redoutable de l’adversaire. Ils se
refusaient à toute négociation, forts de l’appui
arabe…jusqu’au jour funeste du 27 Novembre 1947,
où l’Assemblée Générale des Nations
Unies vota la partition de la Palestine scindée en deux états,
un palestinien et un israélien.
Les
Etats Arabes, réagissant sur le champ, décidèrent
d’entrer en guerre dès que la puissance mandataire,
l’Angleterre, aurait évacué la Palestine. Cette
puissance déclara que, le 15 mai 1948, elle se désisterait
de son mandat et se retirerait du pays(sans même se donner
la peine d’avoir mis en place, au préalable, une autorité
à qui remettre le Pouvoir…).
Le
15 mai 1948 les armées arabes, sûres de marcher
vers la victoire, franchirent les frontières palestiniennes
adjacentes, dans l’euphorie de faire « une promenade
militaire ». Et ce fut le désastre appelé depuis,
la «nakba» . Les israéliens, minutieusement préparés
à la lutte, et forts de l’expérience acquise
par la participation d’un grand nombre d’entre eux aux
terribles combats de la Seconde Guerre mondiale, enfoncèrent
les lignes arabes et n’arrêtèrent leur avance
que sur un ordre péremptoire de cessez-le-feu donné
par les Nations Unies. Ce fut l’Armistice de Rhodes signé
en 1949 par toutes les parties belligérantes, arrêtant
les lignes de feu sur une superficie bien supérieure à
celle accordée à Israël par la décision
de l’ONU du 27 Novembre 1947.
Simultanément,
commença l’exode pitoyable des palestiniens par centaines
de mille. La plupart n’emportèrent avec eux que le
minimum indispensable, puisque les leaders arabes leur avaient promis
le retour dans leurs foyers «dans les quinze jours»
(sic). Ils furent répartis entre plusieurs pays d’accueil.
Le Liban, minuscule, à la densité de population la
plus forte du Moyen-Orient (245 au km2, contre
33 en Egypte, 32 en Syrie, 22 en Jordanie…), se vit imposer,
sous la pression des Arabes, le lot le plus important. Sur la suggestion
des Anglais (dont l’armée avait occupé, conjointement
avec les Forces Françaises Libres, le territoire libanais
jusqu’à fin 1946), le gouvernement libanais
logea cette foule de réfugiés dans les campements
évacués par les troupes alliées.
Il
est vrai que ces campements ceinturaient dangereusement les agglomérations
urbaines, mais quel risque pour la sécurité du pays
pouvaient alors (1948) présenter ces « pauvres
réfugiés » qui d’ailleurs, selon la propagande
arabe de l’époque, n’allaient pas tarder à
rentrer chez eux (cf.supra) ? Qui aurait pu prévoir que ces
camps deviendraient en 1975 des bases armées ennemies
d’où les fedayin attaqueraient les libanais qui les
avaient accueillis ?
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