J’ai
de la difficulté à comprendre l’omission
–sûrement volontaire- qui est faite de nos
frères musulmans. Le Saint Père ignorerait-il
qu’à certains égards, leur foi est
plus proche de la nôtre que celle de nos frères
protestants eux-mêmes, sans parler des juifs ? Qu’il
s’agisse de l’Immaculée Conception,
de l’Esprit Saint, du caractère miraculeux
de la naissance du Christ (né de l’Esprit
de Dieu et de la vierge Mariam), du qualificatif de Messie
que le Coran lui attribue (Massih) ?
À
l’heure où le rapprochement et la confiance
entre les chrétiens d’Orient et leurs frères
et concitoyens musulmans sont d’une brûlante
nécessité, en ces temps cruels où
les Palestiniens –musulmans et chrétiens
confondus- vivent le terrible calvaire qui est le leur,
cette omission est plus grave qu’un péché
mortel. C’est une faute grave qui inaugure mal ce
pontificat.
À
l’heure où l’Occident désorienté
s’éloigne de Dieu et sombre dans la décadence
et l’irréligiosité, notre Église
a besoin d’un pape qui soit un prophète et
un saint. Vingt six années de pontificat politique,
c’est déjà plus que le peuple de Dieu
ne peut supporter. Je ne doute absolument pas de l’innocence
totale de Benoît XVI à l’égard
du nazisme, pas plus aujourd’hui que naguère
ou jadis. Mais un pape qui a appartenu dans son adolescence,
fut-ce à son corps défendant, aux jeunesses
hitlériennes, est fragilisé et doit être
hyper-sensibilisé à tout ce qui pourrait
ressembler de près ou de loin à un chantage.
Le 29.5.2005
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