Mme
Rice esquisse la stratégie des É.-U. sur
l'Irak devant la commission des relations étrangères
du Sénat.
Le
19 octobre, lors d'une déposition devant la commission
sénatoriale des affaires étrangères,
la secrétaire d'État américaine,
Mme Condoleezza Rice, a énoncé une stratégie
politico-militaire en trois volets pour le succès
en Irak : les forces de la coalition et le gouvernement
irakien doivent éliminer l'insurrection de toutes
les régions du pays, assurer la sécurité
dans ces régions, et y établir des institutions
nationales irakiennes durables.
Mme
Rice a précisé que cette stratégie
ne réussirait pas si militaires et civils agissaient
séparément. « Elle exige la coopération
entre civils et militaires », a-t-elle affirmé.
Elle
a ensuite énuméré plusieurs offensives
récentes dont l'objectif avait été
de priver les insurgés de leurs abris et affirmé
que la coalition et les forces irakiennes étaient
en train d'intégrer des volets politiques et économiques
à leurs opérations militaires afin de s'assurer
que les zones sécurisées ne retombent pas
sous le contrôle des insurgés.
Mme
Rice a également expliqué ce que le gouvernement
irakien devait faire pour être efficace : résoudre
les divisions sectaires et ethniques, garantir la règle
de droit, fournir des services essentiels et offrir l'espoir
d'un meilleur avenir économique.
Elle
a ensuite évoqué les quatre grands objectifs
qui pourraient servir de mesure du succès en Irak
: briser l'insurrection ; empêcher l'Irak de devenir
un sanctuaire pour les extrémistes islamistes ;
démontrer le potentiel de changement démocratique
dans le monde arabe et musulman ; et offrir l'espoir d'un
meilleur avenir économique.
Mme
Rice a dit aux sénateurs que les Irakiens avaient
respecté un ambitieux calendrier politique et affirmé
qu'il n'était pas surprenant que les parties n'aient
pas encore surmonté tous leurs différends,
dont nombre remontent à des centaines d'années.
Elle a toutefois ajouté que le projet de constitution
fournirait un cadre au règlement de ces désaccords.
Ce processus démocratique, a-t-elle affirmé,
est le seul moyen dont disposent les diverses communautés
pour coexister pacifiquement.
Mme
Rice est en outre persuadée que les Sunnites commencent
à prendre conscience de l'importance de la participation
à la vie politique et qu'ils continueront de le
faire lors des prochaines élections, même
si la constitution est approuvée en dépit
d'un rejet du texte par une majorité de la communauté
sunnite.
«
Si le référendum est un succès, ceux
qui ont voté non cette fois-ci réaliseront
que leurs représentants élus peuvent participer
à la révision du projet de constitution
qui avait été accepté la semaine
dernière. »
Si
la constitution est approuvée, elle servira de
base aux élections nationales du 15 décembre
prochain, et le gouvernement qui en sortira aura le droit
de revoir et d'amender ce document. Mme Rice pense que
les Sunnites voudront être sûrs d'avoir voix
au chapitre durant ce processus.
«
Les gens reconnaissent que le meilleur moyen de protéger
leurs intérêts est d'élire des candidats
de leur choix. »
Par
contre, elle ne s'attend pas à ce que l'insurrection
diminue d'intensité dans un proche avenir. «
La stratégie de l'ennemi est de terroriser, de
détruire. Malheureusement, cette stratégie
offre certains avantages à court terme, parce qu'il
est plus facile de détruire que de construire.
Il est plus facile de semer la terreur que d'offrir l'espoir.
»
Cependant,
a-t-elle affirmé, cette stratégie est vouée
à l'échec, parce qu'elle n'offre aucune
vision de l'avenir. Elle diffère totalement de
celle des États-Unis qui consiste à aider
à construire les infrastructures physiques et économiques
nécessaires à l'avènement d'un avenir
prometteur. Elle a précisé que les États-Unis
allaient commencer à créer des équipes
de reconstruction dans les provinces semblables à
celles qui ont été utilisées en Afghanistan.
«
Ce seront des équipes civilo-militaires qui agiront
de concert avec chacun des grands commandements régionaux
et formeront des policiers, établiront des tribunaux,
et aideront les gouvernements locaux à fournir
des services essentiels tels que le traitement des eaux
usées ou l'irrigation. »
Elle
s'est par ailleurs refusée à établir
un calendrier pour le retrait des forces américaines
de l'Irak, disant qu'une telle décision dépendrait
des conditions sur le terrain et tout particulièrement
de la capacité de l'armée irakienne d'assurer
la sécurité. Elle a toutefois ajouté
qu'un comité américano-irakien avait été
créé afin de définir les conditions
qui permettraient aux États-Unis de se retirer.
20 octobre 2005
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