Le
projet de Constitution irakienne présenté le 22
août au Parlement établit un équilibre soigneusement
élaboré entre les traditions islamiques du pays
et ses aspirations démocratiques, a affirmé l'ambassadeur
des États-Unis en Irak, M. Zalmay Khalilzad, lors d'un
entretien avec la presse à Bagdad le 23 août.
« Ce pays est en train de se construire sur de
nouveaux principes, mais il n'est pas question que ceux-ci soient
divorcés de l'histoire et des traditions de l'Irak »,
a-t-il souligné.
La Constitution interdit par exemple l'adoption de toute loi
qui contredise les principes de l'islam, de la démocratie
ou des droits de l'homme. « En ce qui concerne
les droits, il s'agit d'une synthèse entre les traditions
islamiques du pays et les principes universels de la démocratie
et des droits de l'homme. »
Les négociateurs qui siègent au comité
de rédaction ont jusqu'au 25 août inclus pour régler
quelques questions encore en suspens et pour apporter éventuellement
des modifications au projet de Constitution, après quoi
le Parlement devra l'adopter ou le rejeter par voie de vote.
M. Khalilzad a exhorté tous les négociateurs à
adopter une attitude à la fois généreuse
et réaliste afin de garantir l'aboutissement du processus
politique.
« Chacun doit œuvrer dans un esprit axé
sur le compromis et qui tienne compte de l'intérêt
national de l'Irak, afin que ce document devienne un véritable
contrat national par lequel toutes les communautés d'Irak
sentiront qu'elles sont parties prenantes à l'avenir
de leur pays », a déclaré l'ambassadeur.
Il est temps, en effet, a dit ce dernier, que les Irakiens comblent
les fossés ethniques et sectaires qui les divisent pour
asseoir leur nation sur de nouveaux fondements.
Répondant à une question qu'on lui posait sur
le rôle possible de religieux islamiques au sein de la
Cour suprême irakienne, M. Khalilzad a déclaré
que ce tribunal aurait besoin de divers spécialistes
pour remplir son obligation constitutionnelle de s'assurer qu'aucune
loi ne transgresse les principes de l'islam, de la démocratie
ou des droits de l'homme. Cela ne saurait en faire pour autant
un tribunal religieux, a-t-il dit.
M. Khalilzad a félicité les négociateurs
d'être parvenus à des compromis sur le rôle
de l'islam dans le gouvernement de l'Irak : « Il
y a des gens qui souhaitent un État purement laïc,
d'autres qui veulent un État dominé par la charia.
Ce que nous avons obtenu est précisément ce qui
convient à l'Irak à l'heure actuelle »,
a déclaré l'ambassadeur.
Lorsque le Parlement aura adopté le projet de Constitution,
ce dernier sera soumis le 15 octobre à un référendum
national. Si le oui l'emporte, la nouvelle Constitution servira
de base à la tenue d'élections nationales prévues
pour le 15 décembre.
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