Message
à L'Orient-Le Jour au sujet de la nouvelle question-sondage
J’ai
lu votre nouvelle question-sondage. Les manifestants-vandales
qui, une fois de plus, ont sévi à Beyrouth ne sont
pas des provocateurs. Les provocateurs sont d’abord le journal
danois qui, en dehors de tout contexte justifiant cela, a publié
pas moins de 12 caricatures toutes, sans exception, gravement
offensante pour l’Islam. Ce sont ensuite tous les journaux
européens qui en ont repris la publication au nom d’une
prétendue «liberté d’expression»
qui, à une multitude d’autres égards, connaît
des limites. Edgar Morin, Dieudonné, Alain Ménargues
et plusieurs autres en savent quelque chose.
Ceux
qui ont commis ces actes délibérés de provocation
savaient très bien ce qu’ils faisaient. Dans nos
pays ou manquent cruellement les tribunes d’expression argumentée
(assemblées délibérantes, parlements relativement
libres, partis politiques structurés, et même assemblées
d’actionnaires), les réactions émotives violentes
étaient parfaitement prévisibles. Rappelez-vous
les funérailles d’Arafat. Vous-mêmes, à
L’Orient-Le Jour, êtes victimes de ces structures
mentales. Relisez vos récents articles sur les partielles
de Baabda. Vous ne parlez pas de l’électorat chrétien,
mais bel et bien de la rue chrétienne comme si, en Orient,
les vociférations tiennent nécessairement lieu de
bulletin de vote.
Les
vandales qui ont saccagé Beyrouth sont donc de pauvres
crétins qui sont les premiers à nuire à leurs
propres causes, et des instruments inconscients et stupides de
ceux qui veulent absolument concrétiser les théories
fumeuses de Samuel Huntington.
Salut
et Fraternité.
Joseph
Berbery