Quel
Liban voulons-nous ?
Un Liban qui donne ses droits à la
Communauté "inter-confessionnelle"
La
question que vous posez, je souhaiterais l’aborder sous
un autre angle. Je vis au Canada depuis 38 ans et, depuis
Internet, je lis la rubrique mondaine (naissances, mariages,
décès, etc.) de L’Orient-Le Jour quotidiennement.
Comme vous le savez, la constitution libanaise reconnaît
dix-sept confessions différentes disposant d’un
statut personnel qui leur est propre et qui régit tout
le domaine du social privé : mariage, filiation, répudiation,
divorce, successions, testaments, etc. La constitution doublée
de la coutume leur reconnaît aussi une représentation
parlementaire propre, ainsi qu’une présence dans
les fonctions exécutive, judiciaire et administrative.
Vous pensez sans doute que je me suis éloigné
de la rubrique mondaine. Pas du tout.
Au
long de toutes ces années où j’ai parcouru
cette rubrique, il m’est apparu qu’il existe au
Liban une dix-huitième communauté dont personne
ne veut parler, et qui ne jouit d’aucun des droits reconnus
aux dix-sept autres.
Il
s’agit de la communauté «inter-confessionnelle»,
celle qui regroupe tous les Libanais qui ont fait
des mariages mixtes islamo-chrétiens, ainsi que leur
descendance. Il n’y a pas un jour qui passe
sans que, dans la rubrique mondaine de L’Orient-Le Jour
ne figurent des représentants de cette communauté
si discrète. Combien faudra-t-il de temps encore avant
qu’à l’instar de tous les autres Libanais,
et dans le cadre hyper-conservateur du confessionalisme politique
et juridique qui est notre lot, cette communauté obtienne
les mêmes droits que les dix-sept autres ? À
savoir, au moins un code civil laïque, le mariage civil
et une pleine représentation politique.
Joseph
Berbery
le 28 juillet 2005
L'après Syrie…
Quel
Liban voulons-nous ?
Un
Liban corrompu et régi par les intérêts personnels
ou un Liban vraiment nouveau ? Un Liban libre mais dirigé
par une nouvelle caste politique véreuse ou un Liban transparent
et moderne ? Une démocratie réelle ou une caricature
de démocratie ?
Nous
Libanais, de l’intérieur et de la diaspora, ne tolèrerons
plus les graves égarements du passé !
Nous
voulons être fiers de notre pays et de notre identité.
Nous ne voulons plus franchir les frontières de la planète
avec un passeport qui inspire suspicion et méfiance, un passeport
que beaucoup d’entre nous préfèrent troquer
avec une identité de remplacement.
Que
ceux qui pensent qu'ils vont utiliser ce mouvement de liberté
pour servir leurs ambitions personnelles se détrompent. Nous,
citoyens libanais, en avons plus qu'assez de ces procédés
douteux, passibles, partout ailleurs, des plus lourdes sanctions.
Désormais,
NOUS NOUS FERONS ENTENDRE.
Délinquant
de la vie publique, qui que tu sois, politicien, membre de l’exécutif
ou du législatif, fonctionnaire de l’administration,
représentant d’ordre professionnel ou responsable syndical,
rappelle-toi bien de cela : jamais plus tu ne duperas impunément
le citoyen, jamais plus tu n’utiliseras la sueur de son front,
son ignorance, sa naïveté ou sa faiblesse, pour assouvir
tes vils fantasmes et servir tes égoïstes ambitions.
Dans
les démocraties du monde, les tribunaux et les prisons accueillent
à bras ouverts et sans clémence ceux qui trahissent
leurs responsabilités, se dérobent à leurs
obligations ou perdent le sens du devoir.
Notre
ultime appel va, de toute évidence, à la Justice libanaise,
dans toutes ses branches et toutes ses ramifications qui, nous l’espérons,
saura entendre notre appel et y répondre avec la force, la
détermination et la fermeté, que les Libanais aujourd’hui,
tous les Libanais sans exception, sont en droit d’attendre
d’elle.
Le
Masque de Fer
le 15 mars 2005 |