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M. Nassib Lahoud

Une loi électorale
inclusive et unique sur
tout le territoire national



  Entretien conduit par Marie-Claude Saadé-Hélou
(2/11/2004)

La rationalisation des Finances publiques serait-elle une tâche accessible dans l’état actuel des choses ?

L’armée libanaise serait-elle capable de prendre en charge la sécurité sur l’ensemble du territoire libanais en cas de retrait de l’armée syrienne ?

Peut-on dans les circonstances actuelles prétendre élaborer une loi électorale conforme aux aspirations des Libanais ?

Les incitations de l’Ambassadeur des EU en direction de la transparence des élections et de leur conformité aux normes internationales seraient-elles réalistes ?

La survie politique du régime pourrait-elle être remise en cause ?



1- La rationalisation des Finances publiques serait-elle une tâche accessible en l’état actuel des choses ?

Nassib Lahoud :

Depuis 1995, je m’attelle à demander au gouvernement et à la majorité parlementaire la rationalisation des dépenses publiques. Un des grands problèmes que nous avons affrontés pendant les dix dernières années a été la croissance vertigineuse des dépenses publiques qui n’a pas été accompagnée par une croissance de l’économie réelle débouchant forcément sur d’énormes déficits et dettes publiques dont souffre le Liban.

Malheureusement, pour alléger les souffrances des Libanais, il n’est plus suffisant de s’adresser à leurs besoins « micro ». Il est impératif de faire entrer le pays dans une logique de réformes de la vie politique, de réformes administratives, d’assainissement des dépenses publiques, tout cela étant destiné à adapter le Liban aux besoins de la nouvelle donne régionale et internationale. Seul un Etat moderne doté d’une administration efficace et allégée des ajouts politiques qui ont gonflé son nombre dans les années qui ont suivi la guerre, seul un climat politique sain tourné vers l’avenir sont capables de sortir le Liban des difficultés qu’il affronte.

Je pense qu’il est du devoir de tous les Libanais de participer à une entreprise de réformes et de reprise basée sur la confiance et tourné vers l’avenir.

2- L’armée libanaise serait-elle capable de prendre en charge la sécurité sur l’ensemble du territoire libanais en cas de retrait de l’armée syrienne ?

Nassib Lahoud :

J’en suis certain. Nous voulons un redéploiement de l’armée syrienne qui s’effectuerait selon l’accord de Taef doublé d’un calendrier de retrait total qui se ferait dans le cadre de relations étroites et équilibrées entre le Liban et la Syrie. Dans ce contexte là, il n’y aurait rien à craindre. L’armée libanaise jouit de la confiance des Libanais, les forces de sécurité intérieures également et toutes les deux sont capables d’assurer les besoins sécuritaires du pays.

3- Peut-on dans les circonstances actuelles prétendre élaborer une loi électorale conforme aux aspirations des Libanais ?

Nassib Lahoud :

Les aspirations des Libanais sont simples sur ce plan. Ils veulent une loi électorale qui assure une représentation fidèle de leur volonté. Ils veulent une loi unique sur tout le territoire libanais. C’est le fait que l’on ait imposé aux Libanais une loi électorale qui varie selon les régions qui m’a poussé à être contre les lois électorales de 1992, 1996 et 2000.

Il est important également que toute loi électorale soit à caractère inclusif c’est-à-dire qu’elle favorise la plus large représentation possible des tendances politiques libanaises. C’est le Parlement libanais qui devrait être le lieu privilégié du dialogue.

4- Les incitations de l’Ambassadeur des EU en direction de la transparence des élections et de leur conformité aux normes internationales seraient-elles réalistes ?

Nassib Lahoud :

La transparence des élections, une gestion neutre des opérations électorales sont des demandes que ne cesse de formuler l’opposition et les forces démocratiques depuis 1991. Il est temps que les élections au Liban se passent selon ces critères et il n’y a pas d’excuses pour qu’elles ne se passent pas ainsi.

5- La survie politique du régime pourrait-elle être remise en cause ?

Nassib Lahoud :

Il est certain que la prorogation forcée du Président Lahoud est une violation de la Constitution mais elle est également une entrave au projet de réformes et de réconciliation auquel nous aspirions tous à l’occasion des élections présidentielles.

 


M. Nassib Lahoud
Président du Mouvement du "RENOUVEAU DEMOCRATIQUE".
Député au Parlement.

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