1- La rationalisation
des Finances publiques serait-elle une tâche accessible en
l’état actuel des choses ?
Nassib
Lahoud :
Depuis
1995, je m’attelle à demander au gouvernement et à
la majorité parlementaire la rationalisation des dépenses
publiques. Un des grands problèmes que nous avons affrontés
pendant les dix dernières années a été
la croissance vertigineuse des dépenses publiques qui n’a
pas été accompagnée par une croissance de l’économie
réelle débouchant forcément sur d’énormes
déficits et dettes publiques dont souffre le Liban.
Malheureusement,
pour alléger les souffrances des Libanais, il n’est plus
suffisant de s’adresser à leurs besoins « micro
». Il est impératif de faire entrer le pays dans une
logique de réformes de la vie politique, de réformes
administratives, d’assainissement des dépenses publiques,
tout cela étant destiné à adapter le Liban aux
besoins de la nouvelle donne régionale et internationale. Seul
un Etat moderne doté d’une administration efficace et
allégée des ajouts politiques qui ont gonflé
son nombre dans les années qui ont suivi la guerre, seul un
climat politique sain tourné vers l’avenir sont capables
de sortir le Liban des difficultés qu’il affronte.
Je
pense qu’il est du devoir de tous les Libanais de participer
à une entreprise de réformes et de reprise basée
sur la confiance et tourné vers l’avenir.