21
décembre 2005
New
York (Nations unies) - L'Assemblée générale
et le Conseil de sécurité de l'ONU ont agi
de concert le 20 décembre pour créer la
Commission de consolidation de la paix qui est destinée
à aider les pays à effectuer la transition
difficile de la guerre à la paix. La création
de cette commission fait suite à la décision
prise à ce sujet par les chefs d'État et
de gouvernement lors du sommet mondial organisé
à l'occasion du soixantième anniversaire
de l'Organisation des Nations unies.
La
résolution adoptée à l'unanimité
par le Conseil de sécurité et par consensus
à l'Assemblée générale porte
création de la Commission de consolidation de la
paix, qui est un organe consultatif intergouvernemental
chargé de « réunir tous les intéressés
afin qu'ils mobilisent des ressources », de «
proposer des stratégies intégrées
aux fins de la consolidation de la paix et du relèvement
après les conflits et de donner des avis en la
matière. »
Composée
de membres représentant 31 pays, elle a pour tâche
« d'appeler l'attention sur les efforts de reconstruction
et de renforcement des institutions nécessaires
au relèvement au lendemain d'un conflit »,
« de favoriser l'élaboration de stratégies
intégrées afin de jeter les bases d'un développement
durable » et d'améliorer la coordination
au sein de l'ONU et en dehors.
Le
représentant permanent des États-Unis auprès
de l'ONU, M. John Bolton, a déclaré que
les États-Unis avaient voté en faveur de
cette résolution tant au Conseil de sécurité
qu'à l'Assemblée générale.
«
Maintenant, a-t-il dit, il nous faut veiller à
ce que la Commission de consolidation de la paix exécute
bien ses fonctions pour contribuer de façon importante
aux travaux du Conseil de sécurité visant
à créer une paix durable à la suite
de menaces directes contre la paix et la sécurité
internationales. »
M.
Bolton a fait remarquer qu'il y avait une différence
entre l'adoption d'une résolution et son application.
« La partie difficile commence maintenant, a-t-il
dit, et nous sommes résolus à tenter de
faire tout notre possible pour que cet organe consultatif
soit utile pour le Conseil de sécurité.
»
La
tâche de l'ONU consistant à aider les pays
à consolider la paix a pris de l'ampleur ces dernières
années, alors que la complexité et l'importance
des problèmes existant à la suite d'un conflit
se sont accrues. L'ONU fournit une aide humanitaire liée
à des projets de reconstruction et à des
mesures de relèvement de moyenne durée et,
dans certains pays tels qu'au Timor oriental et au Kosovo,
elle a administré des territoires en attendant
que des élections puissent être organisées.
Toutefois, cette institution, et en particulier son Conseil
de sécurité qui est chargé de promouvoir
la paix et la sécurité dans le monde, manquait
d'un organe capable de proposer des stratégies
intégrées et de s'occuper de la coordination
nécessaire pour aider les pays à se relever
d'une guerre.
La
nouvelle commission consacrera son attention à
la reconstruction et au renforcement des institutions,
à l'amélioration de la coordination au sein
de l'ONU et avec d'autres organismes dans le cadre de
l'aide à apporter, à l'obtention de moyens
financiers durables et au maintien de la participation
de la communauté internationale au relèvement
du pays intéressé. Elle permettra aussi
de tirer parti de la vaste expérience de l'ONU
en matière de prévention des conflits, de
médiation, de maintien de la paix, de droits de
l'homme et de respect du droit.
Qualifiant
la création de la commission « d'historique
», le secrétaire général de
l'ONU, M. Kofi Annan, a déclaré que cette
mesure ne constituait cependant « qu'un début
» et qu'elle n'était « pas une fin
en soi ». « Il nous manquait, a-t-il dit,
un cadre institutionnel pour réunir au sein d'une
même structure les agents chargés du maintien
de la paix et ceux impliqués dans la phase de redressement
», ce que permettra la nouvelle commission.
Selon
la résolution, les demandes d'avis soumises à
la Commission de consolidation de la paix pourront émaner
du Conseil de sécurité, du Conseil économique
et social, de l'Assemblée générale
et d'États membres qui sont « sur le point
de sombrer » dans un conflit ou d'y sombrer de nouveau.
La
commission est dotée d'un comité d'organisation
permanent composé de 7 membres du Conseil de sécurité,
dont les 5 membres permanents (la Chine, les États-Unis,
la France, le Royaume-Uni et la Russie), de 7 membres
du Conseil économique et social, de 5 pays dont
les contributions aux budgets de l'ONU (fonds, programmes
et organismes des Nations unies) sont les plus importantes
et de 5 pays figurant parmi ceux qui mettent le plus de
militaires et de policiers à la disposition des
missions de l'ONU. L'Assemblée élira aussi
7 membres supplémentaires en accordant une attention
particulière aux États qui participent aux
activités d'après-conflit.
Après
l'adoption de la résolution, le président
de l'Assemblée générale, M. Jan Eliasson,
a déclaré à la presse que près
de la moitié des conflits qui avaient eu lieu ces
vingt dernières années avaient repris au
bout des cinq années suivant la conclusion d'un
accord de paix.
«
Lorsque les caméras disparaissent, a-t-il dit,
l'attention disparaît aussi, et cinq ans plus tard
le prix à payer est très élevé.
C'est ce que nous tentons d'éviter en remplissant
ce vide institutionnel. » La nouvelle commission
contribuera à mettre fin « aux conflits qui
se déclenchent de nouveau tout simplement parce
que le soutien nécessaire à la consolidation
de la paix fait défaut. »
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