GLOBALADVOCACY . c o m

Chacun d'entre vous peut créer l'évènement!

   



 

 

 

 

LE STATUT DE L'OPPOSITION

Quelle Opposition avons-nous ?
Comment devrait-elle évoluer ?

Me Boutros Harb
Député

Il faut aller au-delà du refus qui nous unit et lancer, après les élections, un dialogue en profondeur

Malheureusement, l'opposition en général est entrain de réagir à la situation mais n'est pas entrain d'agir. L'opposition a certainement des objectifs, mais ce qui lie les opposants, ce sont les refus, les négations. Ce n'est pas un programme.

Qu'est ce qui unit  aujourd'hui Walid Joumblatt, Rafic el Hariri, Kornet Chehwan et Michel Aoun ? Le refus de l'intervention syrienne dans les affaires libanaises. Mais ceci ne veut pas dire que toutes ces parties ont la même façon de voir comment traiter ce problème. Par exemple, Walid Joumblatt bien qu'il soit de notre avis ne peut pas aller plus loin et dire : j'accepte la 1559, le Hezbollah doit être démantelé, ses armes ramassées par l'Etat et la milice dissoute, nous voulons que l'armée aille aux frontières; ce que nous nous disons; ce que Michel Aoun dit; ce que les FL disent; ce que Rafic el Hariri ne peut pas dire aussi…

L'ingérence syrienne dans les affaires quotidiennes du Liban est refusée par tout ce groupe, mais ils ne vont pas au-delà. Par exemple sur le plan de la politique intérieure, personnellement, je fais partie d'une opposition qui était contre la politique de Rafic el Hariri avec laquelle Walid Joumblatt était d'accord et était même partie prenante. Sur le plan de la réforme on peut ne pas être d'accord. Donc ce qui nous lie, c'est la négation concernant le rôle syrien au Liban sans aller plus loin pour dire quelle conception nous avons des relations libano syriennes. Nous n'avons peut-être pas de vues communes. Ce qui nous lie est momentané. Si on demande à Rafic el Hariri, quels sont ses objectifs pour l'avenir du Liban, ils seront certainement différents des miens et de ceux de Kornet Chehwan. Si on demandait à Walid Joumblatt, ce serait la même chose. Donc il n'y a pas de discussions en profondeur entre les différentes branches de l'opposition et c'est ce qu'il faut faire. Si on ne le fait pas c'est peut-être parce qu'on est sûrs qu'on ne sera pas d'accord sur tout et qu'on veut probablement éviter une discordance.

Bien sûr, je ne veux pas parler du problème de ceux qui sont au Gouvernement et qui applaudissent, ils ont eux de plus grands problèmes que nous. Mais il faut avouer qu'un pays qui sort d'aussi grands évènements tels que ceux du Liban, un peuple qui a tant souffert a besoin de quelque temps pour arriver au stade de maturité qui lui permette de faire de grandes réalisations.

Personnellement, je crois qu'il faut qu'on pense à la manière de poser des principes communs, qu'on laisse de côté les choses sur lesquelles on n'est pas d'accord, qu'on essaye d'adopter un document en commun qui englobe les orientations générales et sur lequel nous travaillons déjà avec Walid Joumblatt. A partir de ce moment là, on pourra commencer à travailler en commun dans un sens ou dans un autre, pour certains problèmes ou d'autres. Au moins quelques problèmes auront été posés avec une façon commune de les voir, une conception commune de ces problèmes et de leurs solutions. Maintenant c'est le refus qui nous unit et ceci vaut pour toute l'opposition.

Mais si l'on parle de l'opposition chrétienne ce n'est pas très différent. Il y a des personnes et des groupes qui font partie de l'opposition, mais chacun pour une raison différente de l'autre. Certainement que le refus de l'ingérence syrienne et la volonté d'indépendance sont communs. Mais si l'on entre dans les détails et qu'on demande au Courant National de Michel Aoun, quelle est sa conception du Liban de demain, personne ne le sait ; si on pose aux FL la même question, ils ne le savent pas non plus. Il n'y a donc pas eu de dialogue approfondi entre ces oppositions chrétiennes pour dire quelles sont nos orientations ou quelle formules nous proposons? J'entends par exemple Michel Aoun dire que Taef est mauvais. Mais quelles sont les stipulations mauvaises de Taef ?

Tout ceci ne veut pas dire que l'opposition n'est pas bonne, mais nous sommes toujours dépassés car les évènements sont entrain de se précipiter et ne nous donnent pas le temps de réfléchir et de mûrir les choses ? Mais nous sommes déjà dans l'obligation de le faire. Je donne un exemple : l'invitation de Michel Aoun à un Congrès auquel participerait la Syrie. C'est de l'irréalisme et il le sait à l'avance. Beaucoup de Libanais ne participeraient pas à une initiative prise par Michel Aoun.

Il ne s'agit pas de marquer des points les uns sur les autres. Il s'agit de créer une ambiance. L'opposition et ceux qui sont au pouvoir sont tous Libanais malgré toutes leurs divergences. Ensemble ils feront l'avenir et si l'opposition seule va faire l'avenir, les autres seraient dans l'opposition et le pays serait divisé en 2.

Donc le travail sérieux qu'on doit faire c'est d'essayer de créer une plate-forme commune sur les principes entre ceux qui sont dans l'opposition et ceux qui n'y sont pas. Certainement que c'est difficile, surtout dans les conditions actuelles. Mais tout le monde sent qu'on ne peut plus tenir et il y a lieu, peut-être après les élections, de lancer un projet pareil. Avant les élections, ce serait très difficile. Il serait bon de limiter notre action avant les élections et de s'entendre sur les principes d'une loi électorale à venir qui pourrait éventuellement amener, au minimum, les Libanais à élire des gens représentatifs car maintenant c'est catastrophique. Peut-être alors qu'après les élections, une ambiance nouvelle pourrait être créée pour lancer le vrai dialogue en profondeur.

Là, je serais enclin à dire que si ceux qui ont le pouvoir de décision (je parle des Syriens et non de ceux qui sont au pouvoir au Liban car il ne leur revient pas à eux de décider mais d'exécuter les décisions syriennes) permettaient à l'opposition d'arriver aux institutions, ne faisaient pas en sorte de l'en empêcher, une fois les gens représentés au Parlement, le dialogue pourrait commencer plus sérieusement et à ce moment là, on pourrait réfléchir tranquillement. Je sais que les conditions vont être difficiles, que ce que je dis, beaucoup de gens le trouvent irréalisable, mais je n'ai pas le choix. Le jour où le dialogue dans ce pays s'arrête, le pays s'arrête. C'est pourquoi j'ai très peur, car nous sommes en période de crise, que le dialogue s'arrête.

C'est pour cela que, malgré notre position concernant la reconduction du mandat du Président et le Gouvernement, j'ai été personnellement au Palais présidentiel, non pour le plaisir d'y aller, mais pour dire que ce Palais est celui de tous les Libanais et que malgré les divergences, nous devons garder le contact pour pouvoir dialoguer au moment où on en a besoin ou au moment où les circonstances permettent le dialogue.

  • Qand on parle de l'Opposition, de qui parle-t-on? Quelles sont les forces de l'Opposition?

Il y a « Kornet Chehwan » (les Forces Libanaises, Amine Gemayel et ses phalanges, les indépendants comme nous, le Parti National Libéral), les Aounistes qui ne font pas partie de KC, le « Bloc National » (Carlos Eddé), le « Renouveau Démocratique » (Nassib Lahoud), la « Rencontre Démocratique » (Walid Joumblatt), la « Gauche Démocratique », le « Manbar Démocratique » (Habib Sadek etc. C'est un rassemblement des forces de gauche) et au-dessous de la table Rafic el Hariri et son groupe qui sont dans l'opposition au Gouvernement et non à la Syrie.

C'est un ensemble de forces qui refusent ce qui se passe dans le pays.

  • Sur quoi porte le papier préparé?

C'est un document qui pourrait contenir les principes sur lesquels on est tous d'accord et qui serait commun à nous tous et à mon avis, c'est bon !

 

Entretien conduit par Marie-Claude Saadé-Hélou le 2.12.04
   
   

 

doteasy.com - free web hosting. Free hosting with no banners.

 

 

 

 

Copyright © 2004-2005 GlobalAdvocacy.com
All Rights Reserved 
   User Agreement | Privacy Policy