Actuellement
nous avons une Opposition et l'on s’est rapprochés
les uns des autres. Elle est formée de :
- Kornet Chehwane qui occupe
une grande partie de la scène chrétienne quoiqu’en
disent les détracteurs. Tendance modérée,
très proche du Patriarche par les convictions politiques
et par la politique elle-même. Elle a réussi en
3 ans, petit à petit, à dégager un discours
qui se tient, qui est raisonnable et modéré.
- La Rencontre démocratique
de Walid Joumblatt. Ce sont les députés, le Blob
parlementaire de Walid Joumblatt et à l’intérieur,
vous avez le parti socialiste progressiste (le PSP).
- Le Renouveau démocratique
de Nassib Lahoud dont je fais partie.
- Le Forum démocratique de Habib Sadek
- La Gauche démocratique
qui s’est formée depuis 1 mois : Elias Attallah,
Samir Kassir…Ce sont en grande partie ceux qui ont quitté
le parti communiste, ils ne sont pas d’accord avec la
langue de bois du parti communiste.
Ces 5, cela fait plusieurs années qu’ils
collaborent ensemble et se rapprochent. Ils se réunissent,
se visitent, on essaye d’harmoniser l’Opposition sur
beaucoup de plans et ce sont ces 5 qui sont à la base d’un
document qui va être publié lundi à 12 heures
à l’hôtel Bristol. Ces 5 formations sortent un
document commun.
- Il faut ajouter à cela le
Bloc National de Carlos Edde. Il ne fait pas partie des
5 principaux, mais il est là, il a participé à
ce document qui va sortir ce lundi et il l’a signé.
- Très proche d’eux, vous avez
le Parti Communiste qui n’a pas signé
le document.
Donc si nous voulons parler
d’Opposition, nous avons ces 5 qui sont à la base de
ce document + le Bloc National. Nous avons en plus dans l’opposition
le Parti Communiste et le Courant Aouniste mais
qui n’ont pas signé le document. Donc le Bloc National
a signé le document et sera présent lundi.
Les deux autres ne l'ont pas signé mais
font partie de l'Opposition.
Ce document commun, les 5 nous sommes
d'accord sur beaucoup de points. Mais il y a deux points sur lesquels
nous sommes un peu divergents:
- L'envoi de l'armée au Sud et le rôle
de la Résistance
- Le retrait syrien
Mais sur tous les autres points,
nous sommes d'accord : sur le côté démocratique
du pays, sur la nécessité d'en finir avec les Services
de Sécurité, sur un changement de nos relations avec
la Syrie car ça ne peut plus continuer comme cela, sur la
protection des Libertés démocratiques, sur le changement
de la politique économique. Nous sommes donc d'accord sur
tous ces points, sauf sur les 2 points divergents sur lesquels nous
allons poursuivre le dialogue pour arriver à des positions
harmonieuses.
Donc pour le moment, c'est
une Opposition qui a une force et c'est la première fois.
Il y a autour d'elle, essentiellement, les députés
de Kornet Chehwane, ceux de la Rencontre démocratique, ceux
du Renouveau démocratique et quelques députés,
individus qui ont voté contre l'amendement constitutionnel
mais nous ne savons pas s'ils seront présents ou pas lundi.
Certains de ces 29 députés ont voté contre
l'amendement mais pour le Gouvernement. Nous ne savons pas où
ils en sont aujourd'hui. Ils sont quelque part dans l'Opposition
mais ne font pas partie de tout ça.
C'est donc une Opposition qui demande
un changement dans les relations avec la Syrie. Nous demandons tous
l'application de Taef selon lequel, en ce qui concerne le retrait
syrien, ce retrait doit avoir lieu au bout de 2 ans jusqu'à
la Bekaa et là il doit y avoir une espèce d'agenda
sur les futurs retraits et les 2 gouvernements doivent préciser
où ils doivent rester pour des considérations stratégiques.
Mais certains veulent un retrait immédiat alors que d'autres
acceptent l'application de Taef.
Cette Opposition va vers des élections,
c'est pour cela qu'elle est entrain de demander un Gouvernement
neutre pour gérer ces élections, si on veut avoir
des élections vraiment représentatives de l'opinion
des Libanais. C'est une chose trop importante pour être laissée
à des candidats qui ont déjà pris position
sur beaucoup de points. Donc un Gouvernement neutre, accessoirement,
pour éviter d'amener des observateurs de l'étranger.
Si nous avons un Gouvernement neutre qui gère les élections,
on n'a plus besoin d'observateurs étrangers.
En ce qui concerne la loi électorale,
on ne sait pas quel va être le projet du Gouvernement et comme
il a la majorité au Parlement, il peut faire passer la loi
qu'il veut.
Aussi, nous avons une très
grande appréhension car ces élections vont dégager
un Parlement qui, dans 3 ans, va élire le nouveau Président
de la République. C'est ce Parlement qui va faire les lois
et qui donnera la confiance au Gouvernement, un Gouvernement qui
doit changer obligatoirement après les élections.
C'est un Parlement qui est excessivement important et nous n'avons
aucune confiance, nous avons beaucoup d'appréhensions en
ce qui concerne les manipulations qui auront lieu durant les élections.
Quant à la loi, quant à
l'intervention des Services de Sécurité, celle des
Syriens, de la classe politique du Gouvernement, avec tout cela,
nous allons vers un affrontement démocratique mais avec,
malheureusement, beaucoup de manipulations.
Donc au Liban, à cause de
ce qui se passe au Moyen Orient, de ce que nous avons fait depuis
10 ans, de la poussée de l'opinion publique, nous allons
vers un changement. Ce tournant aurait dû être pris
au moment des élections présidentielles, ce qui est
logique, on aurait dû arriver à une élection
présidentielle, à un Président qui puisse gérer
et organiser ce changement avec un Gouvernement, des élections
donc avec les instruments constitutionnels et le cadre d'un tel
changement .
Malheureusement, ça n'a pas
été le cas. Il y a eu l'amendement constitutionnel,
la formation du Gouvernement qui lui, est très peu représentatif,
non seulement parce qu'il a obtenu un nombre de voix très
faible mais à cause de la qualité de ces voix. Quand
on entre dans les détails, c'est très impressionnant.
Les représentants des 3 grandes villes sunnites (Beyrouth,
Saida et Tripoli) ont voté contre ou se sont abstenus, la
montagne, la quasi-totalité druzo-maronite a voté
contre ou s'est abstenue et vous avez là Beyrouth et le Mont
Liban, donc 3 grandes communautés ... le poids des voix de
ces 3 communautés était contre le Gouvernement...
Maintenant nous allons vers des
élections. Malheureusement, on aurait dû avoir ces
3 cadres, ces 3 instruments de changement. Si ces élections
se passent comme il faut, on aura un Parlement qui sera l'instrument
du changement, qui traduira ce changement, le répercutera.
Mais s'il y a manipulation, nous allons vers une grande crise entre
l'Opposition qui devient de plus en plus forte, qui représente
le pays et une classe politique qui représente le pouvoir
des Syriens, qui est une création des Syriens et qui s'accroche.
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