Le
Liban a besoin d’énormément de solutions,
mais ce dont il a besoin, en premier lieu, c’est de tenter
de trouver le personnel politique capable de diriger les affaires
publiques dans le pays. Il a également besoin d’une
opportunité régionale lui permettant de produire,
à nouveau, ce personnel politique. Malheureusement, le
Liban, au cours des années passées et au lendemain
de son Indépendance, c’est-à-dire à
la fin des années 40, a dû affronter beaucoup de
problèmes en raison d’une situation régionale
déterminée, de sa présence aux frontières
d’Israël et des perturbations dans les régimes
arabes en général, autant de problèmes qui
se sont répercutés sur lui.
Aujourd’hui
et après toutes ces expériences amères, le
Liban peut faire ses choix et dire que le système démocratique
constitue une porte d’entrée à la solution
des nombreux problèmes économiques, sociaux et politiques.
Ce système démocratique peut aussi constituer une
porte d’entrée à ses relations avec son entourage
arabe et avec la communauté internationale, tous ces facteurs
pouvant interagir afin de produire à nouveau un système
démocratique correct au Liban.
Nous
savons tous que le monde arabe se dirige, d’une manière
ou d’une autre, que ce soit par le bâton ou la volonté
libre, vers une forme d’expérience démocratique
nouvelle. Un vent de démocratie souffle sur le monde arabe
et le Liban ne peut regarder souffler ce vent en considérant
qu’il est à l’abri des changements qui surviennent
dans la région. Le Liban, de même, ne peut que se
souvenir qu’il est, à l’origine, un Etat démocratique
et qu’il a la priorité sur les pays de la région
dans cette expérience démocratique unique.
Dans
ce contexte, le Liban peut prendre l’initiative, devenir
productif, se reconstituer et donner l’exemple à
de nombreux pays de la région, malgré ce qui se
dit au sujet des diversités confessionnelles qui s’y
trouvent. Il y a une profonde richesse culturelle, spirituelle
et de croyances au Liban qui nous pousse, jour après jour,
à nous accrocher à ce pays et à considérer
cette richesse comme une grande force spirituelle, politique et
culturelle en Orient de laquelle il ne faut pas se passer. Toute
tentative d’affaiblir cette force ou de la frapper est une
tentative d’affaiblir l’âme véritable
de cet Orient dont le cœur s’appelle le Liban.
Le
peuple libanais est un peuple éprouvé et qui est
passé par des moments extrêmement durs. Nous ne pouvons
donc pas faire porter à ces citoyens la responsabilité
de l’absentéisme ou de l’éloignement
de la vie politique. Le peuple libanais doit pouvoir bénéficier
d’une opportunité. Donnez lui une petite opportunité
et vous verrez que ce peuple est capable de s’exprimer de
la manière souhaitée. S’il était offert
au Liban une année, une année de congé par
rapport aux problèmes de cette région, il renaîtrait
comme personne ne l’a fait autour de lui.
Le
Liban est une nation vivante et avant d’être une nation
vivante, le Liban est une société vivante. Se structure
culturelle, sociale, spirituelle et religieuse est une structure
productive, preuve en est que les forces actives de nationalité
libanaise, disséminées à travers le monde,
ont réussi à devenir un partenaire essentiel dans
la renaissance des pays dans lesquels elles se sont réfugiés.
Ce qu’il est demandé aujourd’hui aux Libanais,
c’est de reconstituer leur Etat avec les concepts auxquelles
ils se sont associés pour édifier beaucoup de pays
du monde arabe ou d’ailleurs.