M.
Tammam SALAM
Ancien député
Ma
réaction est comme celle de tous les citoyens libanais sincères
vis-à-vis de leur pays. C’est un grand assassinat terroriste
qui a visé un pays à travers un individu. Je dis cela
car Rafic El-Hariri n’était pas un homme ordinaire
et dès le début, il était parmi ceux que j’ai
considéré comme des phénomènes. Cet
homme était un phénomène et, par sa mort, il
s’est transformé en légende car il jouissait
d’une très grande dimension, une dimension plus grande
même que celle de la patrie. Il a toujours été
modeste et disait : « Je ne peux pas être plus grand
que ma patrie ». Pourtant, c’était ce qu’il
était.
Avec
lui, nous avons perdu un grand support, l’un des supports
essentiels, l’un des piliers de la nation, non seulement au
niveau des constantes, mais aussi au niveau de nos ambitions d’avenir
car Rafic El-Hariri était un projet d’avenir permanent,
une vision d’avenir permanente. Il ne constituait pas une
étape ou une manifestation politique temporaire. Il était
un projet d’avenir, un projet permanent car il était
lui-même comme cela, c'est-à-dire un visionnaire permanent
qui allait de l’avant, anticipait les évènements,
envisageait les choses selon des critères très élevés
et très ambitieux. Oui, nous avons perdu avec lui un moteur
essentiel de notre situation, de notre pays et avec le temps, nous
ressentirons de plus en plus cette perte. Le citoyen ordinaire ressentira
cette perte car il s’était créé une relation
entre lui et cet homme et cela vaut pour tous les citoyens, partout
au Liban, que ce soit au niveau des individus, des familles ou des
institutions. Je dirais même, à la limite, qu’il
n’est pas resté une famille ou une maison libanaise
où Rafic El-Hariri n’était pas entré
d’une manière ou d’une autre.
Au
niveau politique, il y aura un grand vide et il ne fait pas de doute
que ce vide nécessitera du temps avant d’être
dépassé. A mon avis, personne ne pourra remplir ce
vide. Cependant, les choses ne peuvent pas s’arrêter
là. Les choses continuent, les peuples continuent, la vie
continue. Mais, comme je l’ai dit, oui, nous ressentirons
dans l’étape prochaine l’impact négatif
du vide qu’il laisse sur nos projets, sur nos aspirations,
sur nos relations et sur notre réalité politique de
manière générale. Seul le temps arrangera les
choses mais aujourd’hui personne ne peut prédire quoique
ce soit.
Dans
l’étape actuelle, la situation n'est pas très
prometteuses et cela également si les choses s’arrêtent
là. Cet évènement pourrait avoir des répercussions.
Au lendemain de sa disparition, j’ai indiqué que la
situation était ouverte à toutes les éventualités,
dans toutes les directions et tout cela n’est pas très
rassurant. Oui, c’est une situation difficile et très
gênante et personne, comme je l’ai souligné,
ne peut préjuger de l’avenir.
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