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Quand
on aborde ce sujet, on pense aux jeunes évidemment puisqu’il
s’agit de régénération et forcément
aux étudiants, à cette Jeunesse qui est entrain de
s’enrichir, d'éclore, de chercher la connaissance,
le savoir et qui, particulièrement au Liban, doit s’intéresser
avant tout à la politique.
J’ai
été étudiant en France pendant quelques années.
En France aussi, la Jeunesse s’intéresse à la
politique, mais pour eux, le sujet est moins crucial que chez nous,
car c’est un pays organisé qui a toute une Histoire,
qui a des classes politiques organisées, des penseurs, des
écrivains etc., alors qu’ici, notre indépendance
est toute jeune. Je n’ai pas besoin de faire de l’Histoire
maintenant et de rappeler comment elle a été galvaudée,
comment les personnalités responsables de l’Histoire
de ce pays se sont comportées en politique et je ne vais
pas énumérer les fautes, ce serait trop long ! Mais,
c’est pour vous dire que la position de la Jeunesse libanaise
est autrement plus délicate et difficile que celle de la
Jeunesse dans un pays comme la France ou d’autres pays européens.
Les
jeunes doivent s’intéresser à la politique parce
que notre pays, le Liban, est remis en question quand il y a une
crise et surtout aujourd’hui devant le spectacle de cette
mondialisation où l’individualité, la distinction
d’un pays devient moins accusée qu’autrefois,
avec l’Union européenne où les pays de la vieille
Europe envisagent et vont probablement faire une petite diminution
de leur souveraineté au profit de la tonalité de l’Union
européenne.
Au
Liban, les visées sur notre pays remontent à une Histoire
assez ancienne et les revendications des autres pays et surtout
de la Syrie ne sont pas nouvelles. Alors la situation est, ici,
autrement plus difficile.
Les jeunes doivent donc évidemment s’intéresser
à la politique. Ceci est nécessaire et sous l’angle
de la conservation de l’indépendance de ce pays qui
est remise en question par tant d’éléments même
internes, de chez nous. Il faut donc défendre cette entité
libanaise et c'est une chose essentiellement politique.
Il
y a également le volet institutions. Nos institutions sont
posées dans un cadre depuis le mandat français qui
nous a donné l’organisation alors que nous n’étions
qu’une province autonome de l’Empire ottoman. Nous avions
notre autonomie mais nous n’avions pas notre indépendance
complète dans son vrai sens. Nous devons donc certainement
beaucoup à la France , il faut le reconnaître - sous
réserve des critiques que nous avons faites chacun d’entre
nous, même les grands amis de la France ont trouvé
à critiquer - pour la structure de notre indépendance.
Alors
aujourd’hui, la Jeunesse doit penser à la consolidation
de ces structures et à des réformes. Tous les pays
sont entrain de penser à des réformes mais ici, nous
devons faire des réformes très importantes pour garantir
l’indépendance, l’intégrité et
l’intégralité des institutions. Ces jeunes doivent
s’adonner à des recherches et à des approfondissements
du sujet et doivent avoir, en eux-mêmes, un esprit - je ne
dirais pas combatif pour ne pas effaroucher les gens - mais plutôt
un esprit de défense contre d’une part, la fragilité
de ce pays et d’autre part, l’adversité ou l’attitude
adverse d’autres pays qui en veulent au nôtre. La meilleure
façon de se défendre c’est de donner à
ce pays des institutions saines et les moyens de sauvegarder dans
chaque secteur un travail intègre, de placer la question
de l’intégrité au-dessus de tout en ayant en
vue le fait que la corruption est un élément très
dangereux, pour nous encore plus que pour d’autres. Maintenant,
nous découvrons qu’il y a d’autres pays qui,
malgré leur force et leurs institutions souffrent pourtant
de la corruption. A plus forte raison nous-mêmes, nous devons
nous défendre contre cette corruption. La corruption doit
donc être réprimée par des institutions judiciaires
évidemment et par d’autres organes de contrôle
et de répression.
Alors,
voilà, beaucoup de choses pour la Jeunesse et qui doivent
accaparer leur esprit et attirer tout le temps leur activité
(plutôt que de se livrer et on ne va pas faire maintenant
les prédicateurs pour les mœurs et les amusements qui
appellent les jeunes). Nous supposons qu’il y a une Jeunesse
sérieuse qui pense à son pays. Vous parlez d’une
régénération vous-même, donc une jeunesse
qui cherche à régénérer ce pays.
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