GLOBALADVOCACY . c o m

Chacun d'entre vous peut créer l'évènement!

   



 

 

 

 

LA REGENERATION
DE LA VIE POLITIQUE AU LIBAN

Comment régénérer la vie politique libanaise ?

Bassem Yamout

Dr Bassem Yamout
Député (24.11.04)

Par l'abolition du Confessionnalisme politique et
la création d'une Administration non corrompue

1- Pour régénérer la vie politique au Liban, nous avons besoin, d’abord et avant tout, de nous débarrasser de la maladie la plus grave qui ait atteint le Liban depuis l’Indépendance qui est le confessionnalisme.

Si nous ne nous débarrassons pas de ce confessionnalisme et que nous n’arrivons pas à instituer un régime non confessionnel, nous continuerons à faire face aux mêmes problèmes et à générer les mêmes classes politiques avec les mêmes problèmes qu’aujourd’hui. Si par contre, on arrive à instituer un système politique évolué, à l’instar des systèmes français, européens ou américains, tout à fait étrangers au confessionnalisme et à mettre la personne qu’il faut à la place qu’il faut, indépendamment de sa communauté, de sa confession et de sa religion, ce système politique constituera lui-même la première étape vers la régénération de la vie politique au Liban.

Il est nécessaire de sortir de ce système confessionnel. Le Liban n’a aucun avenir si l’on ne sort pas de ce système confessionnel. Preuve en est que depuis 1943 jusqu’à aujourd’hui, toutes les guerres civiles menées par les Libanais avaient des raisons confessionnelles. Des problèmes extérieurs s’introduisent au Liban et les Libanais se divisent «confessionnellement» et se font mutuellement la guerre. Si nous n’arrivons pas à régler ce problème confessionnel, l’avenir ne sera pas différent du passé, c’est-à-dire malheureusement, des guerres à répétition!

Comment commencer ? Comme prévu dans les accords de Taef. L’article 95 de la Constitution prévoit la formation d’un comité pour l’abolition du confessionnalisme politique constitué de politiciens, de penseurs libanais etc. et l’élaboration par ceux-ci d’un plan d’action pour abolir le confessionnalisme politique, social, éducatif etc., toutes les formes de confessionnalisme dont nous souffrons et ce plan serait un plan d’étape.

2- Mais il y a une deuxième étape. Une fois le problème confessionnel – qui est le plus important – réglé, les autres problèmes seraient alors plus faciles à solutionner. Il faudra établir un système politique basé sur les Institutions et non sur les personnes et que ces Institutions soient soumises à la surveillance permanente de tous les organismes de contrôle habilités à leur demander des comptes. Ce sont ces organismes de contrôle qui peuvent empêcher la corruption et faire en sorte que l’administration devienne une administration moderne, indépendante de la politique, comme les administrations du monde évolué.

Donc après avoir institué un système politique correct non confessionnel, la deuxième étape serait de créer une véritable administration publique non corrompue car l’une des raisons principales de la corruption est justement le système confessionnel qui fait que chaque chef de communauté a sa chasse gardée et ses protégés dans l’administration, ce qui aboutit à une administration corrompue. Tout est finalement lié.

 

Entretien conduit par Marie-Claude Saadé-Hélou le 24.11.04
   

 

   Copyright © 2004-2005 GlobalAdvocacy.com
All Rights Reserved 
   User Agreement | Privacy Policy