1-
Pour régénérer la vie politique au Liban, nous
avons besoin, d’abord et avant tout, de nous débarrasser
de la maladie la plus grave qui ait atteint le Liban depuis l’Indépendance
qui est le confessionnalisme.
Si
nous ne nous débarrassons pas de ce confessionnalisme et
que nous n’arrivons pas à instituer un régime
non confessionnel, nous continuerons à faire face aux mêmes
problèmes et à générer les mêmes
classes politiques avec les mêmes problèmes qu’aujourd’hui.
Si par contre, on arrive à instituer un système politique
évolué, à l’instar des systèmes
français, européens ou américains, tout à
fait étrangers au confessionnalisme et à mettre la
personne qu’il faut à la place qu’il faut, indépendamment
de sa communauté, de sa confession et de sa religion, ce
système politique constituera lui-même la première
étape vers la régénération de la vie
politique au Liban.
Il
est nécessaire de sortir de ce système confessionnel.
Le Liban n’a aucun avenir si l’on ne sort pas
de ce système confessionnel. Preuve en est que depuis
1943 jusqu’à aujourd’hui, toutes les guerres
civiles menées par les Libanais avaient des raisons confessionnelles.
Des problèmes extérieurs s’introduisent au Liban
et les Libanais se divisent «confessionnellement» et
se font mutuellement la guerre. Si nous n’arrivons pas à
régler ce problème confessionnel, l’avenir ne
sera pas différent du passé, c’est-à-dire
malheureusement, des guerres à répétition!
Comment
commencer ? Comme prévu dans les accords de Taef. L’article
95 de la Constitution prévoit la formation d’un comité
pour l’abolition du confessionnalisme politique constitué
de politiciens, de penseurs libanais etc. et l’élaboration
par ceux-ci d’un plan d’action pour abolir le confessionnalisme
politique, social, éducatif etc., toutes les formes de confessionnalisme
dont nous souffrons et ce plan serait un plan d’étape.
2-
Mais il y a une deuxième étape. Une fois le problème
confessionnel – qui est le plus important – réglé,
les autres problèmes seraient alors plus faciles à
solutionner. Il faudra établir un système
politique basé sur les Institutions et non sur les personnes
et que ces Institutions soient soumises à la surveillance
permanente de tous les organismes de contrôle habilités
à leur demander des comptes. Ce sont ces organismes de contrôle
qui peuvent empêcher la corruption et faire en sorte que l’administration
devienne une administration moderne, indépendante de la politique,
comme les administrations du monde évolué.
Donc
après avoir institué un système politique correct
non confessionnel, la deuxième étape serait de créer
une véritable administration publique non corrompue car
l’une des raisons principales de la corruption est justement
le système confessionnel qui fait que chaque chef de communauté
a sa chasse gardée et ses protégés dans l’administration,
ce qui aboutit à une administration corrompue. Tout est finalement
lié.
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