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LIBAN
Survol de Trente Années Tragiques

M. Albert Sara


Deuxième invasion israélienne du 6 Juin 1982
Intervention

 

En Israël, le Likoud (parti conservateur) avait gagné les élections de 1976. Aussi, les nouveaux dirigeants israéliens firent-ils des avances au Front Libanais et plus spécialement à Béchir Gemayel pour une aide contre l’OLP et les Syriens. Les Israéliens surveillaient de près le conflit pour choisir chaque opportunité d’en changer le cours à leur profit. On les vit tour à tour aider les forces chrétiennes, soutenir les forces druzes et même les milices chiites. Mais leurs relations les plus étroites étaient avec les Forces Libanaises qui n’avaient effectivement pas d’alliés dans la région.

Un modus vivendi fut établi au grand scandale des « bien pensants » et les forces chrétiennes obtinrent, en fait, beaucoup d’avantages. Parmi les «bien pensants», on note des amis européens leurrés par la campagne internationale de désinformation dans laquelle les Palestiniens étaient passés maîtres.

De leur côté, les Israéliens avaient à repousser de plus en plus souvent les incursions des fedayins maîtres du Fathland. Ils se préparèrent donc, avec l’accord tacite du Front Libanais et de Béchir Gemayel, à attaquer les Palestiniens dans une grande opération militaire appelée « Paix sur la Galilée », décidée pour une avance de 40 kilomètres en territoire libanais.

Le 6 Juin 1982, les divisions israéliennes enfoncèrent les défenses palestiniennes et pénétrèrent en territoire libanais, sans résistance de la part d’une armée libanaise rendue inexistante par la politique de paralysie pratiquée par les premiers ministres Rachid Karamé, puis Salim Hoss et devant la passivité de l’armée syrienne, censée occuper le Liban pour le défendre.

Les Israéliens, au lieu de s’arrêter au kilomètre 40, continuèrent à pourchasser les Palestiniens jusqu’à Beyrouth, en prenant soin de laisser la Présidence de la République à Baabda et les bâtiments militaires dans un large périmètre d’immunité intangible.

Par ailleurs, profitant du climat d’incertitude qui régnait, les Syriens introduisirent dans la Békaa – fief chiite – et dans le Sud non conquis, des bataillons iraniens de Pasdarans (gardiens de la Révolution) qui prirent le nom de Hezbollah (parti de Dieu). Le Hezbollah était généreusement financé par l’Iran et bénéficiait d’une infrastructure organisée qui faisait contraste avec la désorganisation des structures gouvernementales. Il avait une doctrine séduisante (libérer le Liban et faire de l’islam la religion d’Etat) et créa des dispensaires offrant des soins gratuits à la population abandonnée et appauvrie. Le Hezbollah gagna rapidement une popularité croissante chez les chiites libanais en besoin, ceux qui joignaient le parti jouissaient d’un statut social respectable et d’avantages financiers. Il se déclara lui-même comme le parti libanais de la Résistance islamique et devint le principal concurrent du puissant parti chiite Amal et de sa milice dirigés par Nabih Berri, aujourd’hui le Président de la Chambre des députés.

Parti d’abord non désiré et d’origine iranienne, le Hezbollah est devenu une force incontournable avec 7 députés dans l’actuel Parlement et protagoniste du fondamentalisme islamique qui relève aujourd’hui ouvertement la tête.

   

* Prochaine communication le vendredi 28 janvier 2005
   Echéance du sexennat de Sarkis - Béchir Président   Cliquez ici 

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