En
Israël, le Likoud (parti conservateur) avait gagné
les élections de 1976. Aussi, les nouveaux dirigeants
israéliens firent-ils des avances au Front Libanais et
plus spécialement à Béchir Gemayel pour une
aide contre l’OLP et les Syriens. Les Israéliens
surveillaient de près le conflit pour choisir chaque opportunité
d’en changer le cours à leur profit. On les vit tour
à tour aider les forces chrétiennes, soutenir les
forces druzes et même les milices chiites. Mais leurs relations
les plus étroites étaient avec les Forces Libanaises
qui n’avaient effectivement pas d’alliés dans
la région.
Un
modus vivendi fut établi au grand scandale des
« bien pensants » et les forces chrétiennes
obtinrent, en fait, beaucoup d’avantages. Parmi les «bien
pensants», on note des amis européens leurrés
par la campagne internationale de désinformation dans laquelle
les Palestiniens étaient passés maîtres.
De
leur côté, les Israéliens avaient à
repousser de plus en plus souvent les incursions des fedayins
maîtres du Fathland. Ils se préparèrent
donc, avec l’accord tacite du Front Libanais et de Béchir
Gemayel, à attaquer les Palestiniens dans une grande opération
militaire appelée « Paix sur la Galilée »,
décidée pour une avance de 40 kilomètres
en territoire libanais.
Le
6 Juin 1982, les divisions israéliennes enfoncèrent
les défenses palestiniennes et pénétrèrent
en territoire libanais, sans résistance de la part d’une
armée libanaise rendue inexistante par la politique de
paralysie pratiquée par les premiers ministres Rachid Karamé,
puis Salim Hoss et devant la passivité de l’armée
syrienne, censée occuper le Liban pour le défendre.
Les
Israéliens, au lieu de s’arrêter au kilomètre
40, continuèrent à pourchasser les Palestiniens
jusqu’à Beyrouth, en prenant soin de laisser la Présidence
de la République à Baabda et les bâtiments
militaires dans un large périmètre d’immunité
intangible.
Par
ailleurs, profitant du climat d’incertitude qui régnait,
les Syriens introduisirent dans la Békaa – fief chiite
– et dans le Sud non conquis, des bataillons iraniens de
Pasdarans (gardiens de la Révolution) qui prirent le nom
de Hezbollah (parti de Dieu). Le Hezbollah était généreusement
financé par l’Iran et bénéficiait d’une
infrastructure organisée qui faisait contraste avec la
désorganisation des structures gouvernementales. Il avait
une doctrine séduisante (libérer le Liban et faire
de l’islam la religion d’Etat) et créa des
dispensaires offrant des soins gratuits à la population
abandonnée et appauvrie. Le Hezbollah gagna rapidement
une popularité croissante chez les chiites libanais en
besoin, ceux qui joignaient le parti jouissaient d’un statut
social respectable et d’avantages financiers. Il se déclara
lui-même comme le parti libanais de la Résistance
islamique et devint le principal concurrent du puissant parti
chiite Amal et de sa milice dirigés par Nabih Berri, aujourd’hui
le Président de la Chambre des députés.
Parti
d’abord non désiré et d’origine iranienne,
le Hezbollah est devenu une force incontournable avec 7 députés
dans l’actuel Parlement et protagoniste du fondamentalisme
islamique qui relève aujourd’hui ouvertement la tête.