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LIBAN
Survol de Trente Années Tragiques

M. Albert Sara


Invasion Israélienne du Sud
Mars 1978, "425"

 

Malgré les sommets Riyad – Caire, les Palestiniens ne rencontraient aucune entrave de la FAD pour se livrer à leurs attaques non seulement contre les Libanais mais aussi contre Israël. Particulièrement dans le Sud-Liban, surnommé maintenant « Fathland » (voir supra) et déserté totalement par l’autorité libanaise, ils se conduisaient en maîtres absolus, choisissant les moments propices pour leurs incursions en territoire ennemi. Israël ripostait à chaque attaque en bombardant sans discrimination les populations civiles libanaises devenues maintenant doublement victimes d’un affrontement entre deux forces étrangères sur leurs terres. Ce cercle vicieux d’attaques et de contre-attaques fournit un prétexte idéal à Israël qui a toujours eu des visées expansionnistes sur le Sud-Liban. Le 14 Mars 1978, l’armée israélienne franchit la frontière libanaise et envahit le territoire jusqu’au fleuve Litani. Ainsi, elle mettait la main sur une portion du Liban-Sud toujours considérée comme une partie de la « Terre promise » (Eretz Israël), mais elle offrait surtout à Israël des réserves d’eau qu’il a toujours convoitées.

Le Liban déposa une plainte devant le Conseil de Sécurité à laquelle Israël opposa plusieurs arguments de défense, notamment la caducité de l’Armistice de Rhodes de 1949 et les attaques répétées des Palestiniens. Mais le Liban plaida si bien sa cause, qu’il obtint une décision de l’instance suprême le 18 Mars 1978 appelée la Résolution 425 ordonnant le retrait total du territoire libanais et créant la FINUL – « Force Intérimaire des Nations Unies pour le Liban » - celle-ci ayant pour mission de surveiller l’exécution du retrait, la prise en charge des territoires évacués et leur remise à l’Autorité libanaise.

Or, dans le Sud, quelques localités comme Marjeyoun et Kleya étaient restées entre les mains de l’armée libanaise, dont le détachement avait à sa tête le Commandant Saad Haddad Celui-ci, par sa résistance aux fedayins, était honni de l’OLP et le Premier ministre Salim Hoss, dans son obédience aux Palestiniens, ne voulait pas que Haddad exerçât son autorité après le retrait israélien. Passant outre à toute règle en matière de hiérarchie et de compétence ministérielle (il n’était ni ministre de la Défense ni chef d’Etat-Major), il donna ordre à Haddad de rentrer ses troupes dans les casernes en attendant l’occupation par la FINUL des localités évacuées par les Israéliens et les Palestiniens. Cette situation de confusion porta le commandant Haddad à se considérer non lié par des instructions aussi illogiques. Il refusa d’obtempérer, assurant toujours la sécurité de la zone placée sous ses ordres. Séparé de son commandement central par les forces de Fath, il devint alors un allié de facto des forces israéliennes. Ce fut la confirmation de ce qui fut appelé plus tard « L’armée du Liban-Sud » collaborant, par la force des choses, avec les occupants israéliens.

Ce climat de confusion et l’absence de l’autorité de Beyrouth au Sud, seront pour Israël une occasion en or pour arrêter son opération de retrait. Cette occupation du Sud se maintiendra 22 ans jusqu’en Mai 2000.

   

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