Malgré
les sommets Riyad – Caire, les Palestiniens ne rencontraient
aucune entrave de la FAD pour se livrer à leurs attaques
non seulement contre les Libanais mais aussi contre Israël.
Particulièrement dans le Sud-Liban, surnommé maintenant
« Fathland » (voir supra) et déserté
totalement par l’autorité libanaise, ils se conduisaient
en maîtres absolus, choisissant les moments propices pour
leurs incursions en territoire ennemi. Israël ripostait à
chaque attaque en bombardant sans discrimination les populations
civiles libanaises devenues maintenant doublement victimes d’un
affrontement entre deux forces étrangères sur leurs
terres. Ce cercle vicieux d’attaques et de contre-attaques
fournit un prétexte idéal à Israël qui
a toujours eu des visées expansionnistes sur le Sud-Liban.
Le 14 Mars 1978, l’armée israélienne
franchit la frontière libanaise et envahit le territoire
jusqu’au fleuve Litani. Ainsi, elle mettait la main sur
une portion du Liban-Sud toujours considérée comme
une partie de la « Terre promise » (Eretz Israël),
mais elle offrait surtout à Israël des réserves
d’eau qu’il a toujours convoitées.
Le
Liban déposa une plainte devant le Conseil de Sécurité
à laquelle Israël opposa plusieurs arguments de défense,
notamment la caducité de l’Armistice de Rhodes de
1949 et les attaques répétées des
Palestiniens. Mais le Liban plaida si bien sa cause, qu’il
obtint une décision de l’instance suprême le
18 Mars 1978 appelée la Résolution
425 ordonnant le retrait total du territoire libanais
et créant la FINUL – « Force Intérimaire
des Nations Unies pour le Liban » - celle-ci ayant pour
mission de surveiller l’exécution du retrait, la
prise en charge des territoires évacués et leur
remise à l’Autorité libanaise.
Or,
dans le Sud, quelques localités comme Marjeyoun et Kleya
étaient restées entre les mains de l’armée
libanaise, dont le détachement avait à sa tête
le Commandant Saad Haddad Celui-ci, par sa résistance aux
fedayins, était honni de l’OLP et le Premier ministre
Salim Hoss, dans son obédience aux Palestiniens, ne voulait
pas que Haddad exerçât son autorité après
le retrait israélien. Passant outre à toute règle
en matière de hiérarchie et de compétence
ministérielle (il n’était ni ministre de la
Défense ni chef d’Etat-Major), il donna ordre à
Haddad de rentrer ses troupes dans les casernes en attendant l’occupation
par la FINUL des localités évacuées par les
Israéliens et les Palestiniens. Cette situation de confusion
porta le commandant Haddad à se considérer non lié
par des instructions aussi illogiques. Il refusa d’obtempérer,
assurant toujours la sécurité de la zone placée
sous ses ordres. Séparé de son commandement central
par les forces de Fath, il devint alors un allié de
facto des forces israéliennes. Ce fut la confirmation
de ce qui fut appelé plus tard « L’armée
du Liban-Sud » collaborant, par la force des choses, avec
les occupants israéliens.
Ce
climat de confusion et l’absence de l’autorité
de Beyrouth au Sud, seront pour Israël une occasion en or
pour arrêter son opération de retrait. Cette occupation
du Sud se maintiendra 22 ans jusqu’en Mai 2000.