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Cadre législatif
AperçuApproche Cette section fait l'étude de la structure législative du processus électoral, en particulier l'équité et l'efficacité de la réglementation du processus ainsi que de la gestion des ressources disponibles pour les élections. Elle repose sur l'hypothèse que des élections libres et équitables détermineront qui exercera le pouvoir politique, ce qui peut être le cas dans divers contextes politiques et sociaux :
D'abord et avant tout, il faut déterminer les conditions juridiques et les structures organisationnelles qui garantiront un processus électoral libre et équitable, tout en étant économiques. Principes Un processus électoral libre et équitable repose sur les conditions suivantes :
Un processus électoral se doit d'observer un contrôle efficace des coûts. Le principal objectif d'une élection est toujours d'élire un gouvernement légitime et d'établir un régime libre, surtout en période de transition, sans quoi il demeure impossible de résoudre les autres problèmes sociaux et politiques du pays. Il n'en reste pas moins que l'aspect financier ne doit pas être négligé car aucun pays peut se permettre de maintenir un processus électoral dont le coût dépasse ses capacités financières, surtout si un sérieux déséquilibre social prévaut. Ainsi, l'appui de la communauté internationale s'avérera plus efficace s'il vise à doter le pays d'organismes électoraux financièrement viables au lieu d'établir des structures coûteuses qui dépendraient toujours de l'aide étrangère. L'organisme électoral constitue un élément essentiel du système démocratique et se doit de faire preuve d'efficacité organisationnelle et financière et non d'agir en isolation en s'appuyant sur l'aide étrangère. Actes juridiques L'élaboration du cadre législatif le plus approprié qui soit pour la réglementation d'élections doit tenir compte des considérations suivantes. L'organisation d'élections requiert un système de réglementation global, allant de la réglementation constitutionnelle du suffrage direct et indirect jusqu'aux codes de conduite tacites et explicites pour les participants. Le principal acte juridique est la loi électorale, qui doit faire l'objet d'un consensus quant à son contenu et s'appuyer sur un certain degré de permanence des principales forces politiques. Ses principales fonctions sont d'abord d'énoncer les éléments majeurs du système électoral et ensuite d'élaborer les procédures garantissant le droit au suffrage. Il n'est toutefois ni pratique ni approprié d'énoncer des procédures exhaustives dans les textes législatifs, parce qu'il devient alors difficile de les modifier. L'expérience électorale démontre qu'il est nécessaire de disposer d'une marge d'adaptation et d'interprétation des règlements administratifs par les autorités électorales. Comment formuler la Loi électorale? Un consensus politique touchant la réglementation électorale devient d'autant plus essentiel lorsqu'un pays est en période de transition. Il est cependant très difficile de déterminer la stratégie la mieux adaptée à chaque pays sans tenir compte de son contexte. En général, il est possible d'atteindre un moyen terme entre :
L'expérience démontre que ces deux stratégies comportent de graves inconvénients et il convient d'évaluer dans chaque cas combien de temps et de dialogue on peut se permettre de consacrer à la création d'une réglementation électorale. Éléments essentiels Dans tout processus électoral, il faut considérer les éléments essentiels suivants. En premier lieu, le droit de vote de chaque personne doit avant tout être garanti afin de prévenir toute discrimination ou privation du droit de vote injustifiable. Ceci implique que les causes de privation doivent être explicites, faire l'objet d'une interprétation restrictive et, dans tous les cas, viser à préserver la plus grande liberté d'expression possible. Certaines législations électorales prévoient des mesures discriminatoires positives en accordant des sièges en fonction de la race, de la culture ou même du sexe. Bien que ces mesures visent à assurer la participation de groupes historiquement exclus, elles font exception à deux principes fondamentaux du processus électoral, soit :
Ce genre de mesures positives visant l'intégration de certains groupes ne doivent être que temporaires, car leur permanence risquerait d'instaurer une approche néo-corporatiste. En second lieu, il convient de signaler un élément matériel de la législation visant à assurer de façon décisive le droit de vote, soit la création d'un registre des électeurs ou d'une liste électorale. En troisième lieu, signalons que la réglementation électorale établit avant tout une procédure et qu'il faut prendre de nombreuses décisions pour assurer le bon fonctionnement du processus électoral, comme le moment de déclencher des élections et la publication des résultats. Il faudra aussi décider :
L'aspect du processus électoral qui offre le plus vaste choix d'options est la structure de l'organisme électoral chargé de l'administration et du contrôle de tout le processus. Règle générale, sauf dans les États fédéraux réunis démocratiquement, plus la méfiance envers les institutions d'un pays est grande, plus l'organisme électoral devrait être doté de pouvoir et d'indépendance. Il est donc possible d'établir un « échelle de méfiance » où le plus haut degré de méfiance appele le modèle des tribunaux électoraux en vigueur en Amérique centrale, alors que le moindre degré permet des systèmes qui ne modifient pas le fonctionnement normal de l'administration et des tribunaux lorsque des élections ont lieu, comme c'est le cas en Allemagne. Même s'il n'est pas facile de déterminer précisément le modèle le plus approprié à chaque pays, il semble que la solution la plus populaire pour les pays récemment démocratisés soit la création d'une commission électorale. En matière électorale, ces commissions remplacent totalement l'administration gouvernementale et laissent intacts la législature ou les tribunaux constitutionnels, tout en évitant d'instaurer un quatrième pouvoir, comme c'est le cas du modèle des tribunaux électoraux. Voilà les éléments qui seront traités dans la section Cadre législatif, qui vise à présenter des solutions réalistes ou, tout au moins, à exposer les éléments requis pour faire l'analyse des problèmes et pour mettre en pratique les principes de justice et d'efficacité dans chaque cas à des coûts abordables pour le pays concerné. Niveaux de gouvernements élusLa démocratie représentative repose sur le principe que les citoyens élisent les personnes qui exerceront le pouvoir exécutif et législatif à tout niveau territorial, que ce soit à l'intérieur d'un système parlementaire ou présidentiel, et aussi bien sous un régime de monarchie ou de république, à l'exception évidemment du chef d'un royaume. Le domaine spécifique de compétence des personnes élues et les rapports qui les relient sont déterminés par la structure organisationnelle horizontale ou verticale, mais n'affecte en rien leur légitimité démocratique et le fait que leur seul moyen d'accession au pouvoir est par le biais d'élections libres et équitables. La structure territoriale adoptée par chaque pays est fonction de ses antécédents historiques et politiques qui ont pour effet de façonner son histoire constitutionnelle. Il s'avère quasi impossible de catégoriser les modèles de divisions territoriales des pays du fait que chaque modèle comporte des éléments aussi bien de centralisation que de décentralisation. On peut néanmoins parler d'États qui sont plutôt centralisés ou plutôt décentralisés. La principale distinction, en ce qui concerne la structure législative des processus électoraux sur lesquels nous devons nous pencher, se situe dans l'autorité de légiférer sur les procédures qui régissent les élections. Dans un pays centralisé, les lois et les procédures électorales de tous les divers territoires tombent sous la compétence du gouvernement central et sont généralement énoncées dans le code électoral national. D'autre part, dans un pays où les pouvoirs sont décentralisés, chaque personne jouit d'une latitude considérable pour décider des éléments essentiels à chaque division territoriale, sans toutefois éliminer la possibilité qu'un organisme électoral unique puisse être chargé de toutes les élections pour tous les territoires du pays. Ainsi, les procédures régissant les élections du palier national peuvent coexister sous une même administration que les procédures visant les élections des divers paliers de décentralisation territoriale. Il faut faire une distinction pour les élections locales qui, dans les pays centralisés, relèvent de la compétence du gouvernement central et, dans les pays décentralisés, des gouvernements des territoires respectifs. Dans un autre ordre d'idées, la structure territoriale d'un pays prend une importance différente en matière électorale quand vient le temps de créer des circonscriptions électorales, sujet qui est abordé dans Circonscriptions électorales . Types de gouvernements élusD'une perspective électorale, la principale distinction entre les deux grands systèmes de gouvernement est que pour un gouvernement présidentiel, le peuple élit un seul magistrat, alors que pour un gouvernement parlementaire, le peuple élit une assemblée législative parmi les représentants de tous les partis politiques au pays et celle-ci désigne une personne qui préside sur le gouvernement. Le système électoral de chacun de ces types de gouvernement est donc structuré de façon tout à fait différente. Sous un système présidentiel, l'élection d'un président constitue un événement d'envergure nationale lors de laquelle tous les électeurs inscrits peuvent voter. Le système majoritaire est toujours de rigueur, et le vainqueur doit souvent obtenir la majorité absolue, soit 50 % des votes plus un. Si nécessaire, un second tour de scrutin peut être tenu pour élire un candidat parmi ceux qui ont obtenu le plus de votes lors du premier tour. Des élections sous un système parlementaire exigent cependant la création de circonscriptions électorales. Une circonscription ne constitue pas l'ensemble du pays. Les élections par circonscription peuvent emprunter différentes formules de vote et surtout de systèmes électoraux. Un autre aspect qui peut influencer considérablement l'attitude des politiciens face aux élections est l'interdiction de renouvellement de mandat, qui prévaut surtout dans un système présidentiel. Cette restriction oblige le parti au pouvoir à s'éloigner de son chef de file politique le plus populaire et à le remplacer plus fréquemment que sous un système parlementaire, sous lequel il est toujours possible pour le perdant de tenter sa chance une autre fois. Ainsi, une défaite électorale entraîne toujours vers un renouveau. Il reste que l'élément le plus significatif de l'organisation du processus électoral est sans doute de pouvoir ou non prédire le moment des élections. Alors que les élections présidentielles ont lieu à des dates prédéterminées, le système parlementaire fixe une période maximale pour la durée du gouvernement, mais cette période peut toujours être réduite au gré du président, la date des élections générales ayant normalement pour effet de surprendre les partis politiques et l'organisme électoral. L'effet de chacun des deux modèles précédents sur l'organisme chargé d'organiser les élections est évident. Des élections à dates prédéterminées permettent de bien planifier toutes les opérations électorales. Dans les pays où l'on a recours au pouvoir de dissolution de la législature, il devient essentiel de disposer d'un organisme électoral particulièment flexible et efficace qui doit être en mesure d'organiser le fonctionnement du processus électoral à l'intérieur de délais très restreints (environ deux mois), selon le système électoral en vigueur. On peut dire que la stratégie électorale des partis politiques est assujettie aux mêmes conditions, qui en plus doivent désigner des candidats pour chacune des circonscriptions du pays entre l'annonce de l'élection et la date ultime des mises en candidature. Principes directeursPour qu'une élection soit considérée libre et équitable, elle doit se dérouler dans des conditions qui permettront que le vote soit vraiment libre, équitable, direct et secret, ce qui exige les garanties suivantes :
Chacune de ces conditions fera l'objet d'une étude approfondie dans les sections qui suivent. Principes de démocratie électoraleLa démocratie a recours aux processus électoraux pour déterminer quels citoyens se verront confier la responsabilité fondamentale de gouverner. La démocratie représentative se base sur les principes suivants.
Peu importe que le système politique en vigueur soit présidentiel ou parlementaire, les représentants élus cumulent les pouvoirs législatif et exécutif (ainsi que le pouvoir judiciaire dans les systèmes de droit commun), sous réserve de la Constitution, du respect des droits fondamentaux et de la liberté publique ainsi que des limites qu'imposent la séparation des pouvoirs et la forme constitutionnelle de chacun. Conditions minimales pour des élections démocratiquesPour que des élections soient considérées comme étant «libres et équitables », elles doivent tenter d'observer les conditions suivantes.
Droit de participation électorale comme électeur ou candidatLes sections de La qualité d'électeur à Inscription des candidats énoncent les conditions positives qui déterminent le droit au suffrage actif ou passif de même que les causes diverses qui peuvent limiter ce droit. En général :
Ces limitations peuvent être perçues de façon très différente selon le point de vue démocratique. Ainsi, il est évident que la perte du droit de vote d'un électeur en détention parce que reconnu coupable d'un crime sérieux, ou l'empêchement pour une personne détenant une charge publique ou un poste à la magistrature de se porter candidat, ne constituent pas nécessairement des limites du droit de suffrage. Par contre, on ne peut pas considérer une élection libre quand des individus sont privés du droit de suffrage actif ou passif à cause de leur race ou de leurs opinions politiques. Considérations administrativesLes différents systèmes politiques déterminent le type d'administration ou d'organisme requis pour une gestion efficace du processus électoral. Le rapport entre les deux va cependant dans les deux sens. L'organisation et la structure préétablie de l'organisme électoral ont souvent une incidence sur des éléments du processus électoral, comme par exemple dans la délimitation des circonscriptions électorales. En toute hypothèse, comme tout corps administratif public, l'organisme électoral se doit de respecter les principes de légalité, de neutralité politique, d'efficacité et d'efficience. Ces principes jouent un rôle prépondérant quand vient le temps d'énoncer dans la législation le degré d'autonomie dont jouira chaque organisme et le processus qui régira ses activités et ses décisions. Les mêmes principes entrent également en ligne de compte quand il s'agit de décider des moyens matériels et technologiques auxquels l'organisme aura recours pour atteindre le plus haut niveau d'efficience et d'efficacité dans l'utilisation de ses ressources humaines et financières. Systèmes électorauxIl a déjà été fait mention ailleurs de l'incidence que peut avoir le système électoral sur le type d'organisme électoral en place. Les considérations opérationnelles de l'organisme telles que la nécessité de mise à jour périodique de la liste électorale, les besoins en ressources humaines et matérielles, la disponibilité du budget pour subvenir aux coûts du processus et l'aide financière à accorder aux candidats nécessiteront des ressources qui varieront en fonction de la fréquence des élections et selon que leur déclenchement peut être prévu ou non. Surtout dans un système parlementaire, il importe que l'organisme électoral soit efficace et suffisamment flexible pour enclencher le processus électoral à brève échéance, la date des élections n'étant jamais connue à l'avance. Généralement, le système électoral peut se définir comme l'ensemble des composantes de la réglementation électorale ayant un impact direct sur l'attribution des sièges parlementaires selon les votes obtenus. Il s'agit donc des lignes qu'impose toute loi électorale entre les votes et la représentation, et qui sont contenues dans les décisions importantes que tout législateur doit prendre en rédigeant la loi électorale. En considérant ces deux composantes comme point de départ, soit l'attribution des sièges selon les votes et la prise de décision politique, on peut donc considérer de nos jours les éléments d'un système électoral comme étant les suivants :
Circonscriptions électoralesLa section Délimitations électorales énumère les quatre grandes catégories de systèmes électoraux qui se basent sur des circonscriptions électorales :
Le choix du type de délimitation de la circonscription comme élément clé du système électoral comportera des conséquences administratives importantes pour l'organisme électoral, qui devra adapter sa propre structure en fonction des circonscriptions. De ce point de vue, il est évident qu'il est avantageux pour l'organisme responsable du processus d'adopter les divisions territoriales politiques déjà existantes du pays puisqu'elles sont administrativement établies et que les structures administratives et judiciaires y seront déjà adaptées. En revanche, l'établissement de circonscriptions spécifiques obligera à restructurer entièrement l'organisme électoral. Compétence et neutralité de l'organisme électoralLes caractéristiques idéales d'un organisme électoral sont énoncées en détail dans Organisme électoral . En résumé, l'organisme électoral doit :
Règle générale, exception faite des systèmes fédéraux dans les démocraties bien établies, plus il y a de méfiance politique envers les institutions ordinaires de l'État, moins elles sont en mesure de prendre des décisions. Et plus leur neutralité est mise en doute, plus l'organisme électoral se verra confier de pouvoirs. En tenant compte de ce point de vue, les divers types d'organismes électoraux peuvent être classifiés à l'intérieur des niveaux suivants selon une échelle de méfiance :
De façon générale, le modèle adopté par chaque législation électorale est fonction du degré de consolidation que leurs institutions démocratiques sont arrivées à réaliser. Dans les pays en transition, la pratique semble être de créer une commission électorale permanente dont les membres sont normalement nommés par le Parlement et certains appartiennent au pouvoir judiciaire. Les commissions électorales sont chargées de l'administration du processus électoral, mais leurs décisions peuvent être renversées par le pouvoir judiciaire. Ces commissions sont donc des organismes ad hoc indépendants des autres pouvoirs d'État. Règle générale, elles fonctionnent adéquatement et facilitent la coopération internationale et le soutien financier pour l'amélioration du processus électoral, puisqu'elles sont perçues comme des organismes indépendants du gouvernement et qu'elles représentent équitablement les opinions politiques les plus importantes du pays. De tels organismes peuvent cependant faire l'objet de doutes à des stades plus avancés de consolidation des systèmes électoraux, principalement à cause de l'insuffisance de leurs ressources. Les sections qui suivent en font un examen plus approfondi. Recours à la technologieIl est évident que la technologie avancée peut s'avérer très utile à l'administration d'un système électoral complexe qui comporte une grande quantité de sujets et requiert la collecte et la saisie d'un volume énorme de données en peu de temps. Elle soulève cependant deux problèmes : l'évaluation de l'efficacité d'un organisme électoral et la sécurité au sens large. Il n'est évidemment pas judicieux d'introduire des éléments de technologie qui pourraient nuire aux opérations électorales soit à cause d'un manque de connaissances des utilisateurs parce que les autres ressources administratives ou matérielles du pays sont insuffisantes. Comme illustration des problèmes qui peuvent survenir, citons les dernières élections présidentielles de la Guinée, pour lesquelles on a eu recours à une technologie trop poussée et trop dispendieuse (voir Échec de la haute techonologie en Guinée ). Il faut surtout évaluer la rentabilité des moyens technologiques envisagés et éviter de développer des procédures qui pourraient s'avérer onéreuses tout en offrant des résultats qui pourraient être obtenus par des moyens plus modestes. On devrait plutôt adopter l'approche inverse visant avant tout à réaliser ses objectifs au coût le moins élevé possible. Il ne s'avère pas rentable de mettre sur pied un réseau de télécommunications avancé pour la transmission des résultats du vote quand elle peut être effectuée en utilisant des téléphones. Une expérience comme celle du Costa Rica où le réseau des machines pour transactions bancaires a été utilisé peut s'avérer intéressante, mais il ne serait pas judicieux de mettre un tel réseau sur pied uniquement pour le processus électoral. Bref, chaque pays doit disposer d'un processus électoral et d'un soutien matériel à la mesure de ses conditions sociales et économiques. Des élections libres et équitables ne sous-entendent pas qu'elles doivent être coûteuses à administrer au point où un pays en développement ne puisse se le permettre sans aide extérieure. Quant à la deuxième question, celle de la sécurité, il ne faut pas substituer, pour la transmission des résultats du vote, un système n'offrant pas de garantie suffisante de sécurité aux systèmes de communications écrites. D'autre part, il faut se rappeler que la technologie ne peut pas toujours remplacer des procédures établies et traditionnelles sans occasionner des problèmes plus sérieux. Par exemple, bien qu'il soit nécessaire de maintenir un système de documentation officielle comme source de déclaration des candidats élus, la transmission écrite des résultats n'est pas suffisante en soi. Elle risquerait de soulever des doutes quant à la transparence des résultats durant les jours ou les semaines où la population reste dans l'attente de ces résultats. Des moyens technologiques aussi modestes que le téléphone permettent de transmettre des résultats préliminaires et d'établir des prévisions fiables. Considérations financièresAucun processus électoral ne peut éviter d'être coûteux à cause des abondantes ressources humaines et matérielles exigées pour assurer la précision absolue de sa mise en uvre. Bien que le coût d'une élection ne doit pas constituer un facteur déterminant, surtout en période de transition, on ne peut tout de même pas l'ignorer. Au fur et à mesure que le processus se stabilise et que l'aide de l'étranger diminue, le souci d'en réduire les coûts devient de plus en plus pressant et incite à développer des mécanismes techniques plus économiques et à doter l'organisme électoral d'une envergure et de moyens réalistes en regard des ressources du pays. Cette considération doit demeurer présente tout au long du processus. L'objectif d'amélioration des moyens utilisés n'est pas incompatible avec la réalisation d'un processus électoral équitable, bien au contraire. À plusieurs points de vue, cet objectif permet la consolidation du système démocratique :
Contexte social et politiqueLes paragraphes suivants touchent chacun des aspects du processus électoral en considérant spécifiquement le contexte social et politique qui dicte les règles législatives façonnant ce processus. Il est impossible de créer ou d'importer un système électoral, ou toute autre institution juridique, sans tenir compte du contexte social, politique et économique aussi bien que du moment et du pays où il devra être appliqué. De fait, ces facteurs devraient en tout temps constituer les considérations premières dans la formulation des objectifs raisonnables et des différentes phases de démocratisation d'un pays. Pour un pays qui a connu un gouvernement autoritaire précédé d'un système démocratique, à l'instar de la République tchèque, le point de départ n'est pas du tout comparable à celui d'un pays en voie de décolonisation où les éléments d'économie et d'administration sont inexistants et qui est sur le point d'instaurer une démocratie à la suite d'une dictature. De même, la stratégie de démocratisation d'un pays qui jouit d'un niveau élevé de développement social et culturel, comme dans les États de l'ancien bloc soviétique, ne peut pas être la même que dans un pays où un minimum de structures sociales est inexistant. Le simple concept que la démocratisation est un processus évolutif incite à prendre en considération les conditions particulières de chaque pays. Bien que le processus de démocratisation ne devrait pas se prolonger plus longtemps qu'il ne faut, il exige une période de stabilisation d'au moins quelques élections et de quelques gouvernements successifs pour qu'on puisse le considérer solidement établi. En effet, il est très dangereux de se hâter. Une démocratie naissante issue de l'infrastructure institutionnelle et juridique d'un système non démocratique sera encore insuffisante. Si les attentes sont trop élevées ou si le sens de la réalité n'a pas modéré les tendances à évoluer trop rapidement et qu'on a instauré un modèle de démocratie que les conditions sociopolitiques ne peuvent tolérer, les chances d'enracinement de la démocratie seront minces. Aucune formule n'offre des garanties de succès. Quiconque vise tout au moins une possibilité de succès se doit de considérer sérieusement certains éléments fondamentaux qui caractérisent la nation ou l'État :
L'historique du pays est également un élément majeur. Des exemples nombreux et divers démontrent que, même à la suite de décennies de dictature, les tendances électorales révèlent toujours un profond enracinement social et territorial, parfois même à un degré surprenant. HistoriqueLa démocratie dans les systèmes contemporains a connu des périodes difficiles au cours de son évolution. Certains jalons sont surtout dignes de mention :
D'autre part, l'expansion du droit de vote et l'évolution des partis politiques au sein des démocraties représentatives ne se sont pas effectuées sans complications. Les premiers partis politiques reflétaient les conditions d'une démocratisation primitive, comme le suffrage et la participation politique limités à une petite partie de la population adulte mâle, des programmes et des idéologies politiques sans vigueur et une orientation très individualiste. Leur évolution s'est effectuée de manière très différente au sein des démocraties américaines et européennes, qui ont institué leurs modèles dans les pays appartenant à leurs sphères respectives d'influence politique et culturelle. En général, l'évolution des partis politiques a connu les étapes suivantes :
L'adoption du suffrage universel a eu des effets extrêmement différents sur les régimes démocratiques et sur les pays qui ont maintenu un processus électoral non concurrentiel. De nos jours, on peut dire qu'il existe une vague de démocratisation qui a pris naissance dans les pays d'Europe méridionale vers la fin des années 70, s'est répandue à travers l'Amérique latine durant les années 80 et finalement vers l'Europe de l'Est et de nombreux pays d'Afrique depuis la fin de la dernière décennie, grâce au soutien efficace de la communauté internationale. Retour à la Table des Matières Suite: lfa Principales options (18.9.05)
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